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« Do you wanna play with me ? Become my personal nurse. » ▬ Ashouille

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Roman Blackhawk


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MessageSujet: « Do you wanna play with me ? Become my personal nurse. » ▬ Ashouille Lun 30 Nov - 19:07


▬ Ash' Lancaster & Roman Blackhawk




    En pleine journée, il était bien rare de le voir à l’appartement. Ça lui arrivait parfois de rentrer le midi pour se faire un sandwich ou parce qu’il avait oublier ses papiers. Roman pouvait être tête en l’air mais ces derniers temps, il était à bout. Le matin même, il avait du courser une jeune étudiant qui avait volé le sac d’une petite vieille. A même pas 10 heures du matin, il se tapait un sprint dans les rues glissantes de Madison. Certes il connaissait la ville comme sa poche mais quand même. Son collègue lui avait même piquer le dernier donuts sous son nez avant de lui lancer que c’était à son tour de courir. Dans son métier, il prenait souvent des risques. Trop, lui avait-on souvent répété. Avec la grossesse d’Ashlynn, il avait prit un peu de recul. S’arrangeait pour être présent et le plus disponible. Seulement parfois, il lui était impossible d’avoir une vie réglé comme une horloge. Roman était passionné. Il aimait Ashlynn. Il aimait son travail. Rentrer à des heures correctes ne faisait pas parti du job. Etre réveillé en pleine nuit parce qu’il y avait eu un homicide, c’était un des nombreux inconvénients de son travail. Ce qui le rebutait le plus, c’était l’inquiétude que Ash’ se faisait pour lui. Quand bien même, il était prudent et la rassurait du mieux qu’il pouvait. Il comprenait qu’elle s’angoisse. Depuis la perte du bébé, Roman était devenu un bourreau de travail. Il rentrait souvent tard et parfois prenait beaucoup trop de risques. Comme trois jours plus tôt lorsqu’il s’est retrouvé aux urgences parce qu’un voyou avait planté son poignard dans son flanc. Il s’était arrangé pour ne pas resté à l’hôpital et pour cacher sa blessure à sa fiancée. Il n’aurait pas dû. Il le savait bien. Malgré ça, il venait quand même de courir pendant un quart d’heure après cette étudiant qui voulait se faire la belle. Dans une dernier élan, il s’élança sur lui. Non pas sans un tiraillement dans son flanc gauche. Plaqué au sol, le gamin grommela contre lui pendant bien cinq minutes avant que les collègues de Roman ramène leurs fesses.

    S’en suivit un interrogatoire au poste, puis un tour dans les vestiaire. Ce fut là qu’il se rendit compte des dégâts. Sa suture ayant sauté. Il savait pertinemment qu’il devait retourner à l’hôpital pour quelques points. Sauf qu’il n’avait même pas de quoi se changer au poste. Retournant à l’appartement, il pria intérieurement pour qu’elle soit sortie. A vrai dire, moins elle en saurait mieux ça serait. Tout aurait du se passé différemment. Il songeait avoir fait tout ce qu’il fallait pour elle. Cette grossesse était un cadeau du ciel. Ils allaient former une famille. Et deviendrait un bon père, contrairement à celui qu’il a eu. Roman avait des projets et il croyait en leur histoire. Leur couple était solide. Ce qui aurait du être le plus beau jour de leur vie s’était vu transformé en cauchemar. Et pourtant, il ne s’énervait pas contre elle. Il ne lui en voulait pas une seule seconde. Tout ce dont il avait besoin, c’était qu’elle soit toujours vivante et près de lui. Elle lui avait demandé du temps. Sauf que depuis ce jour là, ils s’éloignaient l’un de l’autre ostensiblement. Une main plaqué sur son flanc gauche, il progressait dans l’appartement. Marcher était douloureux. Bien vite, la salle de bain se trouva à proximité et il s’y réfugia avant de s’asseoir sur le bord de la baignoire. Il ôta alors sa chemise et constata plus sérieusement la plaie ouverte.

    « - Eh merde ! » grogna-t-il en voyant l’hemmorragie qui ne se stoppait pas. Se levant difficilement, il ouvrit la porte de la pharmacie pour en sortir du désinfectant puis des gazes stériles. Il s’apprêtait à se rasseoir quand la porte de la salle de bain s’ouvrit tout à coup. Inquiet son regard s’accrocha à celui de sa fiancé, ébahit, qui lui lançait ce regard plein d’interrogation.




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Ashlynn Lancaster


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MessageSujet: Re: « Do you wanna play with me ? Become my personal nurse. » ▬ Ashouille Lun 30 Nov - 23:15


I'm affraid of death, but not of mine...


    Allongée dans leur lit, un rayon de soleil filtra à travers les rideaux, réveillant doucement la jeune brune. Elle ouvrit un œil puis un autre, avant de rouler vers le côté gauche, espérant trouver le réconfort dans les bras de son fiancé, mais elle ne trouva qu’un oreiller froid. Elle souffla et décida à se lever. La nuit était le seul moment où elle pouvait se sentir proche de Roman. Pendant la nuit, elle pouvait laisser parler ses émotions et se blottir contre lui. Les yeux fermés, il pouvait croire qu’elle dormait et que ses gestes étaient inconscients. Mais la vérité, c’est qu’elle ne dormait pas. Elle ne dormait plus depuis longtemps. Elle avait juste besoin de se sentir proche de lui, l’espace de quelques secondes pour se rassurer, pour se dire que la mort de leur enfant n’avait pas tout emporté. Elle était effrayée à l’idée de devoir le perdre lui aussi, et paradoxalement, elle s’éloignait de lui, jour après jour. Elle pensait que c’était mieux ainsi. Mieux pour lui. Il méritait tellement mieux qu’une fille déboussolée, perdue et qui avait tué leur enfant. Elle attrapa un pull appartenant à l’homme qui partageait sa vie et sortit de leur chambre.

    Comme chaque jour, son cœur manqua un battement en apercevant la porte de la chambre d’en face. La chambre qui aurait du être celle de leur enfant. Roman avait déclaré que cette chambre serait la plus pratique quand il devrait se lever la nuit pour les biberons. Elle sourit tristement avant de pousser, d’une main tremblante, la porte. Un paradis dans les tons roses s’ouvrit à elle. Son cœur se déchira comme à chaque fois qu’elle venait dans cette chambre. Elle ne pouvait pourtant pas s’en empêcher. Elle laissa sa main glisser sur le bois du berceau qu’avait monté Roman. Il aurait fait un véritable papa poule et elle avait été tellement fière de pouvoir lui offrir cette chance. Une goutte d’eau salée tomba sur la petite peluche. Ce monde aurait du leur appartenir. Ils auraient du être heureux. La pièce aurait du être remplie de bonheur, d’éclat de rire et d’amour. Mais il n’en était rien. Les choses ne reviendraient plus jamais à la normale. Elle sortit de la chambre et retourna dans la sienne, bien prête à se changer les idées. Elle fit les cents pas pendant quelques secondes en soufflant, comme sa mère lui disait de faire quand elle faisait des crises de panique plus petite. Son regard s’accrocha à une photo d’elle et de Roman, sur leur table de nuit. Elle s’assit sur son lit et pris la photo entre ses mains, caressant doucement du pouce le visage parfait du jeune homme. La photo avait été prise le soir de leurs fiançailles et Ashlynn n’avait jamais semblé aussi heureuse. Elle voulait retrouver ce moment, retrouver ce bonheur intense qui la frappait à chaque fois qu’il la touchait ou qu’il lui disait je t’aime. Elle voulait retrouver l’homme de sa vie, avant que tout foute le camp et qu’elle n’ait plus le courage de regarder les images de leur amour. Elle ouvrit leur dressing et tenta de sortir le carton rempli de photos et de souvenirs, mais à la place elle tomba sur un autre carton, refermant quelque chose d’aussi précieux. Sa robe de mariée. Elle l’avait trouvé pendant sa grossesse. La robe parfaite. Si elle n’avait pas été aussi têtue, ils seraient déjà mariés. Mais Ashlynn n’avait pas voulu ressembler à une baleine et elle voulait que leur fille soit présente. Leur fille ne sera jamais plus présente et le mariage n’était plus d’actualité. Elle passa une main sur la boite avant de l’ouvrir et de sortir délicatement la robe. Elle était parfaite, à la hauteur de tout ce dont elle avait toujours rêvé.

    Sans se rendre compte de ses gestes, elle enleva le pull de Roman et sa nuisette et enfila cette robe, qui aurait du parfaitement la mettre en valeur. Elle se regarda dans le miroir à pied installé près du dressing. Elle avait perdue du poids depuis la perte du bébé. Elle était beaucoup plus maigre qu’au début de sa grossesse, mais pourtant sa poitrine plus que généreuse, du au montée de lait qu’elle avait malgré tout, était grandement mise en valeur. Elle se fixa quelques secondes. Roman ne s’en serait jamais remis. Il n’aurait peut être jamais la chance de la voir comme ça. « Mme Ashlynn Blackhawk » murmura-t-elle dans un souffle douloureux. Elle essuya rageusement les larmes qui coulaient le long de ses joues. Elle devait faire taire cette douleur. Elle en avait besoin. Juste un petit cachet. Le dernier pense-t-elle comme à chaque fois. Et comme à chaque fois, elle rompra cette promesse faite à elle-même et en prendra un autre. Puis un autre. Elle était retombée dans sa dépendance, mais ce n’était pas suffisant. La douleur qui lui barrait la poitrine ne s’atténuait jamais réellement. Au contraire, elle ne faisait que s’accentuer au fil des jours. Elle ouvrit la porte de la salle de bain et son cœur fit un bon en voyant Roman, mais ce ne fut rien quand elle vit tout le sang qu’il avait sur les mains.

    « - Oh mon dieu. » souffla-t-elle avant de s’approcher à une vitesse affolante de lui. Elle posa automatiquement ses mains sur celle de Roman pour arrêter l’hémorragie. Son cœur battait à une vitesse anormalement rapide. Elle ne se souciait même plus du sang qui pourrait salir sa robe. Elle voulait juste le savoir en sécurité. Elle ne pouvait pas le perdre lui aussi. Elle ne le supporterait pas. Elle ne s’en remettrait pas. On lui avait déjà volé une partie de son cœur. Si Roman devait disparaitre, elle n’aurait plus de cœur. Il était tout ce qu’il lui restait. « - Faut qu’on aille à l’hopital. » murmura-t-elle paniquée.
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Roman Blackhawk


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MessageSujet: Re: « Do you wanna play with me ? Become my personal nurse. » ▬ Ashouille Mar 1 Déc - 0:13



    Depuis qu’il avait quitté l’hôpital avec Ash’, il s’était juré de ne pas y remettre les pieds. Cet évènement avait causé bien des dommages en lui. Roman paraissait fort devant les autres mais intérieurement, il se retrouvait déchirer. Son bébé n’avait pas survécu. Il se sentait coupable de ne pas avoir pu arranger la situation. Cette impuissance le bouffait. Les insomnies ponctuaient son quotidien. Son travail n’avait jusque là pas trop été victime de ses problèmes mais jusqu’à quand. Cette souffrance était plus insupportable chaque jour. Il tentait de maintenir son couple hors de l’eau. Ash’ avait prit ses distances. Il avait beau revenir sans cesse vers elle, la prendre dans ses bras, l’embrasser, la toucher, lui dire qu’il l’aime, il avait comme cette sensation qu’elle n’était plus qu’une âme errante en dehors de son corps. Ce matin même, il était resté à l’observer dormir pendant une heure avant de s’obliger à se lever. Quoi qu’il se passe, il devait se rendre à son boulot. Ash’ avait besoin de lui. Les citoyens de Madison avaient besoin de lui. Il ne choisissait pas son job à celle qu’il aimait. Il essayait juste de se répartir de la meilleure façon qui soit. Mais était il équitable.

    Revenant à l’appartement, il y avait cinquante pour cent de chance qu’il la trouve ici. Le silence qui envahissait leur logement ne lui donnait aucun indice. Cet appartement était vide de résonnance. Pas un bruit. Pas même le son de la télé ou la musique provenant d’une radio. Juste le silence total qui prévenait quelque chose d’anormal. Se rendant dans la salle de bains, il tenta très vite de jeter un œil à sa blessure. Elle n’était pas belle à voir. Du sang s’écoulait de la plaie mais rien de catastrophique. Du moins pour lui. Il avait vu pire. Il s’en remettrait. Des points devenait nécessaire. Cette constatation ne lui plaisait guère. Ça voulait dire qu’il était obligé de retourner à l’hôpital. Une main posé sur la plaie, il n’entendit pas la porte s’ouvrir d’un seul coup. Ce fut son murmure qui le fit réagir. Son regard heurta le sien l’espace d’une seconde. Seconde qui fut suffisante à Roman pour la voir combler l’espace entre eux, posant sa main sur la sienne pour stopper le saignement. « C’est rien. » prit il les devant, en voyant se peindre une panique sur ses traits. Que croyait elle ? Qu’il ne s’en sortirait pas ? C’était juste une suture à faire. Il doutait juste que sa simple voix lui ferait entendre raison. Sans tarder elle prononça le mot hôpital. « Non ! » trancha-t-il avant de fermer les yeux. « Tu vas tâcher ta robe. »

    Roman ne voulait pas l’éprouver. Elle encaissait déjà suffisamment avec la mort de leur petite fille. Il ne savait pas vraiment comment il était sensé l’aider à traverser ça. Ni même s’ils s’en remettraient. C’était douloureux de se dire que bien des couples n’y parvenaient pas. Roman ne voulait pas en faire parti. Car s’il avait comprit des choses au fil du temps, c’était que sa vie n’avait pas de sens s’il était loin d’elle. « Je vais bien. » assura-t-il en rivant son regard au sien. « Y’a pas de raisons qu’on se rende à l’hopital. » Son discours ne la convaincra peut être pas mais au moins, il tentait quelques chose. Son sourire lui manquait, comme son rire. Il faudrait du tout pour que tout revienne à la normale mais il ne comptait pas la laisser s’échapper de si tôt. « C’est pas dans ses conditions que je m’imaginais te voir dans ta robe de mariée. » souffla-t-il malgré la douleur qui le transperçait. Malgré ça, il était encore sous le choc de sa beauté. Cette robe mettait en valeur sa taille si fine et longiligne. Et ce regard qu’elle levait vers lui, il en était juste littéralement fou. Ses grands yeux si expressif lui manquait. Ses gestes lui manquaient. Son amour lui manquait. « Tu es splendide Mme Blackhawk. » souffla-t-il sans réaliser la porté de ses propos, son regard intense se plongeant plus profondément dans celui de sa fiancée. Dieu qu’il avait besoin d’elle pour traverser ça. Tout ce qui comptait c’était qu’elle soit là. Tant qu’elle le serait, il aurait une raison de se battre.



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Ashlynn Lancaster


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MessageSujet: Re: « Do you wanna play with me ? Become my personal nurse. » ▬ Ashouille Mar 1 Déc - 1:39

    Ashlynn n’avait pas encore repris le travail. Officiellement, le médecin l’avait mis en arrêt maladie. En réalité, elle n’était pas sur de vouloir reprendre son travail. Elle avait toujours eu un rapport conflictuel avec la danse. Ca avait commencé au lycée, quand suite à une dispute avec son père, elle s’était jeté corps et âme, sans penser aux conséquences que cela pourrait avoir sur son corps. Elle s’était blessé et elle avait du arrêter parce que c’était devenue trop dangereux. Et elle l’avait fait. Elle avait arrêté. Danser au club n’avait rien à voir avec ce qu’elle avait l’habitude de pratiquer avant, mais si malgré tout, c’était à cause de ça qu’elle avait perdu le bébé ? Deux mois s’étaient écoulés et pourtant Ashlynn ne cessait de se demander ce qui avait mal tourné. Quelques heures avant l’accouchement, alors qu’elle était dans les bras de Roman, elle l’avait senti bougé. Que s’était il passé pour que leur fille cesse de respirer brutalement ? Ses questions tournaient sans cesse dans sa tête et si elle ne connaissait pas réellement la raison, elle connaissait le coupable. C’était elle. Personne d’autre qu’elle et ça lui faisait encore plus mal de penser que c’était de sa faute si Roman devait subir ça. Il avait le droit au bonheur. Plus que quiconque sur cette planète. Elle ne le rendait plus heureux. Et elle n’était pas sur de pouvoir lui infliger ça encore longtemps.

    Pourtant, elle ne pouvait pas imaginer s’éloigner de lui. Elle se savait égoïste, mais elle n’imaginait pas sa vie sans lui. D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, il était à ses côtés, même au période où ils ne faisaient que se disputer. Comment avait-il pu tomber amoureux d’une fille comme elle ? A côté de lui, elle était quelconque. Il était l’homme parfait, l’homme tendre et amoureux dont rêvaient toutes les jeunes filles. Il pourrait être heureux avec n’importe quelle fille. Pourtant il lui avait demandé de l’épouser. Elle. Pas une autre. Elle ne comprenait pas. Mais elle se raccrochait à l’idée qu’un jour il l’avait aimé assez fort pour imaginer passer le reste de sa vie avec elle. Voyant le sang sortir de son corps de la sorte, elle pensa quelques secondes que sa vie n’allait pas durer longtemps. Elle avait toujours été inquiète pour lui, mais arrivait à le cacher avant. Depuis la mort du bébé, elle avait de moins en moins la maitrise sur ses émotions. Elle paniquait pour un rien. Sauf que l’idée de perdre Roman n’était pas rien pour elle. C’était pire que tout. Elle lui asséna un regard noir quand il tenta de la calmer. « - C’est pas rien, idiot. » Ses mains prenaient rapidement une couleur rouge et son cœur se mit à battre plus rapidement. Elle paniquait et ne savait pas quoi faire. Proposer l’hôpital lui avait semblé la meilleure idée. Elle n’avait pas pensé à ce que ça leur couterait, elle avait juste penser qu’ils étaient compétents pour soigner Roman et c’est tout ce qui lui importait. « - T’as besoin de voir un médecin. » répliqua-t-elle à son tour légèrement suppliante. Elle ne pouvait pas le regarder et rester là sans rien faire. Ca lui était insupportable. Ashlynn avait toujours détesté voir les gens souffrir, mais dès que c’était quelqu’un qu’elle aimait, c’était pire que tout. Elle se sentit idiote à sa remarque. Elle en avait même totalement oublié la robe qu’elle portait. Ses joues prirent une teinte légèrement rosée, mais ce sentiment disparu rapidement quand elle remarqua une nouvelle chose sur la blessure de Roman. « - T’as déjà des points de sutures. »

    Elle savait pertinemment qu’elle était la raison pour laquelle ils s’éloignaient petit à petit. Mais elle ne s’était pas rendu compte à quel point leur relation avait pris un tournant crucial. Il ne l’avait même pas prévenu qu’il était blessé. Pire elle ne l’avait pas remarqué alors qu’elle remarquait toujours le moindre changement chez lui. Elle fixa la blessure de nombreuses secondes avant d’être ramené à la réalité par la voix grave de son fiancé. Elle releva le regard vers lui et s’énerva de son indifférence. « - Tu transformes notre baignoire en bain de sang. Tu ne vas pas bien. » déclara-t-elle d’un ton sec. Elle n’avait pas besoin d’être protégée quand il s’agissait de lui. Ils étaient fiancés, elle avait bien le droit de savoir la vérité sur sa santé non ? « - Très bien, je vais appeler un médecin alors. Les médecins n’anesthésient pas quand ils font des sutures à domicile. » rappela-t-elle d’un ton froid. Elle s’apprêtait à quitter la salle de bain mais s’arrêta net à sa remarque. Elle ferma les yeux quelques secondes pour calmer ses nerfs. Malgré tout, il savait encore comment faire elle. Il savait comment l’apaiser avec ses remarques et ses mots d’amour. L’homme qu’elle allait épouser lui manquait. Roman lui manquait. Ils se voyaient tous les jours pourtant cette distance qu’elle avait instauré entre eux deux la bouffait. Elle se tourna doucement et son regard s’accrocha à celui de Roman. Elle lui sourit doucement et haussa des épaules. « - C’est pas comme ça que j’imaginais ce moment non plus. T’étais censé être brulant de désir pour moi devant l’autel où on se serait dit oui pour l’éternité. » souffla-t-elle. « Je voulais juste voir si elle m’allait encore. » Ashlynn avait toujours été un garçon manqué. Si ça n’avait pas été pour la danse, elle aurait très certainement intégré une équipe de foot et aurait évolué dans un monde d’hommes. De nombreuses fois, elle s’était senti à part du groupe de jeune fille qui gloussait pour un rien. Elle n’était pas romantique, mais avec Roman, elle avait commencé à croire à l’amour et elle avait commencé à rêver à son mariage blanc. Son cœur se mit à battre plus rapidement et elle eut l’impression qu’il allait sortir de sa poitrine. Mme Blackhawk. C’était parfait. Ces deux petits mots voulaient dire plus de chose pour elle que n’importe quelle autre. Peut être en avait-il pas conscience, mais il venait de lui prouver qu’elle avait encore des raisons de vivre. Pire encore, il venait de lui prouver qu’elle était encore capable de ressentir d’autres choses que le désespoir. Malgré tout une question persistait. Elle baissa les yeux et se mordilla la lèvre. « Tu veux toujours m’épouser ? » murmura-t-elle, légèrement honteuse. Elle avait besoin de savoir qu’ils étaient encore capable de faire des projets quand le plus beau projet de leur vie avait viré au cauchemar.
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Roman Blackhawk


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MessageSujet: Re: « Do you wanna play with me ? Become my personal nurse. » ▬ Ashouille Mar 1 Déc - 3:01



    Malgré les jours qui s’écoulaient comme une lente torture, il ne cessait de s’interroger du pourquoi du comment. Depuis deux mois, un flot de questions l’envahissait sans qu’une seule réponse ne lui vienne en tête. Il n’avait jamais considéré Ash’ comme la responsable du cauchemar dans lequel ils se retrouvaient plongé. Pourquoi avaient ils perdu leur bébé ? Etait ce un coup du sort ? N’était il pas destiné à vivre ? Ne devaient ils pas avoir d’enfants ensemble ? Un concours de circonstances ? Et dire que depuis le réveil il avait veillé sur elle. Il avait été présent tout ce temps jusqu’à son transfert à l’hôpital. Même là, il était resté à son coté à la rassurer et lui tenir la main. Bon, elle était celle qui lui écrasait les doigts mais ça n’était qu’un infime détail. Et tout avait viré au cauchemar. Cette journée revenait le hanter chaque nuit. Les médecins leurs avaient suggéré de voir un thérapeute. Roman doutait que ça leur apporterait quelque chose. Sur le coup, il avait été catégorique. Maintenant avec du recul, l’éventualité d’en parler à quelqu’un qui pourrait comprendre, n’était pas si stupide. Il devait apprendre à mettre son orgueil de coté. Pour elle. Pour eux. Pour qu’ils s’en sorte ensemble.

    Ashlynn n’était pas responsable du drame. Personne n’était responsable. C’était un accident. C’était ce que les médecins s’évertuaient encore à lui dire. L’hôpital de Madison le connaissait assez bien. Entre ses visites pour les personnes incriminés, des témoins ou des soins parce qu’il avait une fois plus été malencontreusement blessés. Seulement, il ne voulait pas en parler. Il enfouissait ça, cette souffrance inqualifiable comme celle qu’il avait subit enfant. Il devait rester fort. Pour elle. Parce qu’elle avait besoin de lui. Quand bien même, ils devraient un jour en parler. Roman prenait des risques, faisait des conneries mais comme à chaque, il cherchait à la protéger. Il savait qu’il s’investissait trop et qu’il était temps qu’il se concentre sur elle. Sur eux. Qu’il cesse de fuir le problème qui s’élevait entre eux. Seulement le moment n’était pas adéquat pour aborder le sujet. Non. Avant tout, il devait se soigner. Le regard noir qu’elle lui asséna eu l’effet de le rassurer. Elle ne s’énervait pas mais lui montrait sa désapprobation. Elle avait une réaction et ne souhaitait en aucun cas le perdre. Sa proposition de l’hôpital n’était pas envisageable pour Roman. Lui, pourrait supporter de se retrouver dans ce lieu aseptiser mais Ash’ ? C’était tout ce qui lui était venu à l’esprit. Pas question qu’elle y retourne par sa faute. Elle était suffisamment éprouvé ses dernières semaines. Il devait voir un médecin. Sauf qu’il ne remettrait pas les pieds à l’hôpital juste pour quelques points de suture. Dédramatiser leur situation lui était venu machinalement. Il n’allait pas se vider de son sang et mourir dans la salle de bains. C’était trois fois rien. Il en avait vu pire. D’accord elle s’inquiétait mais il n’y avait pas péril. Il allait bien malgré tout. Sa remarque toute innocente la fit légèrement rougir et d’un certain coté, il en était satisfait. Elle était toujours là. Celle qu’il aimait. Ashlynn s’était retiré dans sa coquille mais elle était là. Elle ne demandait qu’un peu d’attention. C’était à son tour de lui faire aller de l’avant. Elle finirait par s’épanouir. Roman se devait de l’y aider. « Les points ont sauté… quand j’ai plaqué ce mec au sol. T’aurais du voir ça ! » s’enjoua-t-il un peu trop vite avant qu’elle lui assène de nouveau ce regard noir. « Bon d’accord… j’aurais peut être du attendre avant de jouer au héros… »

    Lui cacher sa blessure n’était pas du tout malin. Il aurait du se douter qu’elle finirait par le découvrir. Parfois Roman était un vrai crétin. Il avait agit par instinct. L’inquiéter ne lui semblait pas bon. Surtout pour un légère blessure comme celle-ci. D’ici quelques semaines, il n’en serait plus rien. Sa remarque eut pour effet de la voir s’énerver. Il obtenait plus de réaction en cinq minutes qu’il n’en avait eu depuis des semaines. Peut être devrait il songer à se blesser plus souvent. « Tu dramatises tout. Je suis en bonne santé. Pas de quoi s’inquiéter outre mesure… Promis je nettoierais tout mon bazar. » assura-t-il avec une décontraction feinte. Il n’agissait que pour son bien. Visiblement, il s’y était mal prit mais en tous les cas, il n’envisageait pas de la faire souffrir. Elle lui en voulait. Il le payerai pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce qu’il trouve les armes pour la faire craquer. Ash’ lui reviendrait. Même si ça devait durer des mois, il trouverait ce dont elle a besoin. Il multiplierait les effort pour revoir ce sourire sur son visage. Ce sourire qu’elle ne destinait qu’à lui. Car dieu sait qu’il aimait ce sourire. « Oh… tu veux me faire regretter de ne rien t’avoir dit. » remarqua-t-il plus pour lui-même, à sa remarque sur l’absence d’anesthésie. Bah il s’y ferait. Même si ça ferait mal. Un flot de paroles sur sa robe s’en suivit et il la vit se figer. Ashlynn possédait ce fort caractère ou plus exactement un caractère de cochon. Bien que ça ne l’a jamais empêché de tomber amoureux d’elle, Roman s’attendait à deux réactions opposé. Soit elle resterait calme et serait troublée, soit elle s’emporterait contre lui, quitte à le gifler, laissant alors évacuer ce que ses nerfs retenaient depuis des semaines. Ce léger sourire le rassura et lui-même ne put s’empêcher de dissimuler ce sourire en coin. « Crois moi, il m’est impossible de ne pas l’être lorsque je suis dans une pièce avec toi. » répliqua Roman avec cette malice sur le visage. « Elle te va à merveille, mon cœur. » Se levant en grimaçant légèrement, il fit quelques pas pour s’approcher d’elle. Leurs vies ressemblaient à un chaos mais Roman restait confiant. Le temps les aiderait. Leur amour était toujours plus fort. Ils s’en sortiraient beaucoup plus fort. Depuis qu’il était revenu à Madison, il avait cesser de jouer avec elle. Il avait découvert qu’elle était bien plus sensible qu’elle ne le montrait. Elle lui avait prouvé à maintes reprises qu’elle avait le cœur sur la main. Et que derrière, son métier de stripteaseuse se cachait un femme qui ne demandait qu’à devenir heureuse et épanouie. Et ça, il comptait bien le lui faire ressentir à nouveau. En l’appelant par son propre nom, qu’elle porterait un jour prochain. Il s’attendait à la voir troublé mais pas à ce qu’elle évite son regard de cette façon. Il aimait se plonger dans ses grands yeux expressif. Il adorait lire en elle. Sauf qu’à cette seconde, elle semblait envahit par des doutes monstrueux. Se rapprochant d’un pas, un sourire vint transformer son visage. « Plutôt dix fois qu’une. » souffla-t-il dans un souffle rauque. Roman n’avait jamais envisagé revenir sur sa parole de vouloir l’épouser. C’était absurde. Il l’aimait plus que n’importe qui. Il se damnerait pour elle. Combien de fois s’était il lever en pleine nuit parce que le bébé bougeait ou parce qu’elle avait faim ? Il se moquait pas mal de manquer de sommeil. Tant qu’elle serait là pour l’aimer. Car c’était de ça que souffrait Roman. Un manque d’amour et d’attention depuis son enfance. « Je te le prouverais bien de la manière la plus bestiale qui soit… mais je crois qu’on va devoir remettre cet intermède à un peu plus tard, le temps que je sois à nouveau sur pied. Tu m’en veux pas j’espère ? » demanda-t-il avec une moue suppliante. « Je te montrerais combien je suis un fiancé attentionné, amoureux… et qui est fou de toi. Je t’aime… peu importe que tu sois énervé, désespéré, amoureuse, buté et que tu ne me supporte plus. Tu peux m’envoyez au diable, ça ne changera jamais le fait que je t’aime plus que n’importe qui sur cette planète. » Le revers de sa main vint caresser lentement sa joue tandis que son regard partait à la rencontre du sien. Il ne laisserait pas leurs problèmes entrainer leur couple sur une mauvaise pente. Ensemble, ils pouvaient s’en sortir. Ils pouvaient faire des projets. Roman devait juste y parvenir en douceur, en lui prouvant qu’ils étaient assez solide pour y arriver. Il se pencha alors sur elle, posant spontanément ses lèvres sur les siennes. Pas question que son bonheur lui échappe une fois de plus. Son bonheur avait un nom. Ashlynn Lancaster, future Ashlynn Blackhawk.



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Ashlynn Lancaster


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MessageSujet: Re: « Do you wanna play with me ? Become my personal nurse. » ▬ Ashouille Mer 2 Déc - 21:40



    Voir ce sang ramenait Ashlynn à de mauvais souvenirs. Elle était lasse de toujours devoir faire des allers retours à l’hôpital pour le jeune homme. Elle avait pensé qu’avec la mort de leur bébé, il aurait finalement compris que la vie ne tenait qu’à un fil et qu’elle était très fragile. Elle était naïve. Jouer aux héros était l’adrénaline de Roman et même elle n’était pas assez forte pour vaincre ça. Elle était seulement sa kryptonite, mais jamais il n’arrêterait de sauver le monde pour elle, peu importe à quel point elle avait besoin de lui. Elle ne lui avait jamais demandé, bien trop effrayé à l’idée d’entendre la réponse. Elle était consciente qu’abandonner un rêve n’était jamais facile. Les siens s’étaient toujours évanouis quand ils étaient à portée de main et elle ne demanderait jamais à Roman de sacrifier son rêve pour elle, mais si elle avait envie de lui crier une bonne fois pour toute d’arrêter de sauver les gens, qu’il devait d’abord se sauver lui-même et un peu elle aussi. Mais surtout, elle voulait lui hurler que sans lui, elle pourrait pas survivre et qu’il devait se ménager. Oh ça oui, elle le voulait. Elle avait besoin de lui, plus que de quiconque. Mais depuis l’accident, c’était la première fois qu’elle revoyait les étoiles s’illuminer dans ses yeux. Malgré tout, elle lui lança un regard noir. C’était plus fort qu’elle. Elle le voulait épanouie, mais ne supportait pas de le voir se faire mal de la sorte. « Quand tu seras mort, tu pourras plus sauver personne, héros de pacotille. » marmonna-t-elle.

    Ce n’était pas la première fois que Roman était blessé. Elle aurait du y être habitué désormais. Son travail imposait des blessures de temps en temps, mais jamais elle ne pourrait s’habituer à le voir rentrer à la maison la chemise en sang, ou aux coups de téléphones de l’hôpital. Elle se mordilla la lèvre et fixa un point derrière lui pour éviter de lui asséner toutes les méchancetés qu’elle gardait en stock depuis bien trop longtemps, mais sa dernière remarque a eu raison d’elle. Elle ne dramatisait pas la situation, c’était lui qui ne prenait pas sa vie au sérieux. « Je m’en fous de ton bazar. Ca a rien à avoir avec ton le sang qui coule dans la baignoire. Quoi que si ça a tout avoir. Ne me dis pas que je dramatise la situation quand tu te vides de ton sang. Tu peux jouer avec ta vie, si ça te fait plaisir, mais arrêtes de faire la même chose avec mon cœur. » Elle allait se marier à un idiot c’est aussi simple que ça pensa-t-elle. Il était égoiste. Ca l’amusait peut être de s’ouvrir des cicatrices qui étaient à peine ouvertes, mais elle était fatiguée de tout ça. Leurs vies étaient indéniablement liés et ça depuis longtemps. Il souffrait, elle souffrait aussi. C’était pas plus compliqué que ça. En se blessant, il lui assenait des heures d’inquiétude à se demander s’il est encore en vie ou si un idiot lui a tiré dessus ou pire s’il s’est pris une balle par un acte de soit disant bravoure. Elle tenta de se calmer pour éviter de dire des choses qu’elle pourrait regretter par la suite. « T’es plus tout seul. Qu’est ce qui vas m’arriver si t’es plus là ? Je peux pas vivre sans toi, tu le sais. » souffla-t-elle en essuyant une larme qui coulait long de sa joue. Sa main pleine de sang laissa une trainée rouge sur sa joue.

    Roman tenta de changer le sujet, parce qu’il savait qu’ils ne seraient jamais d’accord sur ce sujet. Il voyait ça comme une obligation. Elle voyait ça comme un motif pour éviter de penser à sa propre vie. Les deux avaient raisons. Les deux avaient torts, mais ils étaient trop butés pour l’admettre. L’un comme l’autre. Leur relation était pleine de contradictions. Ils se ressemblaient autant qu’ils étaient différents. Leur mariage serait une suite de disputes, mais surtout d’amour à l’état pur. Parce qu’Ashlynn l’aimait, plus qu’elle n’avait jamais aimé. Il était la moitié d’elle, sans laquelle elle plongerait irrémédiablement vers un puits sans fin. Ses joues prirent une jolie teinte rosée à son compliment. Après de longues années de relations, il arrivait encore à la faire rougir avec un simple compliment. « T’es pas objectif et t’es un menteur. » murmura-t-elle pour reprendre un peu de contenance. Il avait le don de la mettre dans tous ses états. A ce qu’il paraitrait, l’amour rendrait vulnérable. Ashlynn en savait quelque chose. A ses côtés, elle se sentait plus forte, parce qu’elle se savait prête à affronter presque toutes les situations. Mais en même temps, elle était plus fragile. Il avait son cœur entre les mains et pouvait le jettera à tout moment au sol pour l’écrabouiller. Elle ne pourrait rien y faire. Elle était tombée amoureuse de lui et au fil du temps, c’était devenu un état permanent. Il la rendait vulnérable. Elle doutait de tout à ses côtés. Il lui arrivait encore souvent de se demander ce qu’il lui trouvait. Ces questions s’étaient empirées depuis que leur fille était décédée. Pourtant, il ne lui avait jamais rien montré qui aurait pu lui faire penser qu’il ne voulait plus l’épouser. Elle avait juste beaucoup de temps libres et beaucoup d’idées noires lui traversaient sans cesse l’esprit. Elle releva rapidement la tête et un sourire se dessina sur ses lèvres, bien malgré elle. Pour la première fois depuis des mois, elle se sentit même à l’aise avec la présence de Roman et un léger éclat de rire s’échappa de ses lèvres. Elle roula des yeux, faussement dramatique. « Je sais pas si je vais pouvoir te pardonner. J’ai des besoins chéri, tu vas devoir les assouvir. » Immédiatement, elle s’en voulu. C’était devenu plus fort qu’elle. Elle ne pouvait plus être heureuse sans se sentir coupable. Ils avaient perdu leur fille, ne devrait-il pas être en train de la pleurer au lieu de flirter ? Son sourire s’estompa rapidement de son joli visage, mais elle tenta de garder bonne figure. Pour Roman. Pour elle. Pour que leur histoire ne foute pas le camp par sa faute. Elle remit une de ses mèches de cheveux en place. Elle se laissa embrasser et une nouvelle fois toutes ses pensées s’envolèrent. Il n’en restait plus qu’une. Deux en réalité. Un, elle était folle amoureuse de cet idiot qui jouait aux héros. Deux, il pensait qu’elle ne la supportait plus ? Elle posa sa main sur son torse pour le repousser doucement et elle le força à la regarder. D’une voix très ferme, elle mit des mots sur ce qu’elle ressentait depuis des mois. « Je t’aime et t’es l’une des seules personnes que je supporte encore. Ca changera jamais Roman. Je ne supporte pas de voir ce que je t’ai infligé. C’est deux choses différentes. » Elle lui sourit doucement et déposa un rapide baiser sur ses lèvres pour qu’il comprenne qu’elle avait besoin de lui. « Je vais appeler un médecin. » rajouta-t-elle avant qu’il ne puisse répliquer quelque chose. Elle sortit de la salle de bain et s’empressa de prendre le téléphone, de la cuisine. Elle hésita quelques secondes avant de finalement taper le numéro du médecin et non des urgences. Le combiné contre son oreille, elle en profita pour se laver les mains alors que la première sonnerie retentit. « Bonjour, Mr Ainshworth, c’est Ashlynn... Oui oui je vais bien. C’est hum... C’est mon fiancé. Il a besoin de points de sutures... » Son regard s’accrocha à son reflet de la vitre. Elle avait l’air ridicule dans cette tenue, avec son teint blafard, ses seins trop gros pour cette robe. Elle était pathétique. Elle ne comprenait pas comment il pouvait encore la désirer alors qu’elle n’avait même pas été capable de mettre au monde un enfant en bonne santé. « Euh nan pas d’hopital... S’il vous plait... Merci » Elle raccrocha et s’empressa de courir dans la chambre pour enlever cette robe qui l’oppressait. Comment avait-elle pu croire qu’elle était guéri et qu’elle allait pouvoir se marier ? Elle ne pouvait pas lui infliger ça. Il avait besoin d’une fille heureuse pour s’épanouir, pas d’une fille comme elle. Elle enleva sa robe et la jeta sur le lit. Alors qu’elle cherchait le pull de Roman, complètement difforme qui cachait ses formes, elle sursauta à la vue du jeune homme dans l’embrasure de la porte. Elle attrapa rapidement le pull pour cacher ses rondeurs, même si ses jambes étaient encore dévoilées. Elle ne supportait pas qu’il voit son ventre ou même qu’il le touche. « Pervers. » souffla-t-elle faussement amusée, pour éviter qu’il remarque qu’elle avait développé une nouvelle névrose. Ashlynn n’avait jamais eu honte de son corps. C’était une sportive. Elle n’avait aucun complexe et depuis qu’elle avait compris que les hommes fantasmaient sur elle, elle n’avait aucun mal à mettre en valeur ses formes. C’était avant sa grossesse et avant la mort de leur fille. Elle s’approcha de lui et passa une main sur sa blessure qui avait cessé de saigner. « Le médecin arrive bientôt. »

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MessageSujet: Re: « Do you wanna play with me ? Become my personal nurse. » ▬ Ashouille Ven 4 Déc - 15:07



    Roman prenait trop de risque. Ça ne datait pas d’aujourd’hui. Des blessures, des cicatrices, son corps en était meurtri. Il était flic et ça arrivait que accident se produisent. Il faisait un détour par l’hôpital bien que ça ne lui plaisait guère. Ses dernières semaines, il avait travaillé d’arrache pied pour ne plus avoir à penser. Pour ne plus avoir à revivre ce cauchemar. Il se voilait la face et refusait d’admettre que son couple risquait d’en souffrir bien plus s’il ne se décidait pas à faire quelque chose. Cette blessure était peut être ce qu’il lui fallait pour se remettre d’aplomb, qu’il soit à nouveau près d’elle. Pour Roman être flic, n’était pas un boulot. C’était plus une vocation à venir en aide aux autres. Tout le monde ne comprenait pas son point de vue. Lui aurait voulu qu’un type bienveillant lui tende la main alors qu’il venait de se faire tabasser par son père. Mais personne ne s’était trouvé à l’attendre sur sa route. Il avait alors encaissé la souffrance avant de choisir que son passé devait lui apporter un plus. Cette expérience l’avait endurcie et dorénavant, il était celui qui mettait ses types derrières les barreaux. D’une certaine façon, il savait qu’il protégerait un enfant, quel qu’il soit. En lui narrant la façon dont il s’est retrouvé dans cet état, il s’enjoua un peu trop. Ça ne lui arrivait pas si souvent de s’emballer pour des actions telles que celles-ci. Roman s’était juste laissé emporté et le regard qu’elle lui lançait, lui fit comprendre qu’il y avait mit trop de cœur. « Tu as tors. Mort, je veillerais sur tous les petits anges et j’empêcherais les démons de les approcher. » pencha-t-il la tête sur le coté avant d’esquisser un lent sourire. « Je compte pas te quitter avant qu’on soit tous les deux devenus deux petits vieux séniles qui n’arriveront à supporter les sales manies de l’autre. »

    Roman s’était rendu compte au fil des mois de la tension qui inquiétait Ashlynn. Lorsqu’il partait en pleine nuit ou lorsqu’il passait la porte de l’appartement et qu’elle le détaillait avec soulagement. Elle craignait pour sa vie à lui. Cette attitude le touchait. Elle l’aimait, ça n’était pas la découverte du siècle mais surtout, elle craignait de le perdre. En le réalisant, Roman comprenait surtout qu’il était temps qu’il prenne soin de lui afin de prendre soin d’elle. A ses remarques, il la vit contenir sa colère mais pas suffisamment. La seconde suivante, il se voyait affligé d’un tas de remontrances. « Ash’ écoute moi ! » Elle ne voyait les choses que négativement. En vérité, elle préférait toujours imaginer le pire. De la sorte, elle ne serait jamais déçu. « La blessure n’est pas profonde. C’est douloureux, je l’admets mais je ne vais pas m’effondrer dans les minutes à venir. Tu t’inquiètes déjà beaucoup trop pour moi. » acheva-t-il dans un murmure. Tout ce qu’il faisait c’était dans le but de la protéger. Par-dessus tout, il voulait la savoir heureuse et épanouie. En lui relatant son travail et les dangers auxquels il était confronté, il lui offrait la possibilité de se faire une idée du danger dans lequel il évoluait quotidiennement. Il devait arrêter. Pour elle. Pour eux. Parce qu’il n’était pas tout seul. Sa vie dépendait de la sienne. Ainsi il était temps qu’il prenne la pleine mesure des choses. « Je ne te laisserais jamais derrière moi. » la fixa-t-il avant que son regard ne suive cette larme qui roulait sur sa joue.

    Ils pourraient se disputer continuellement, s’ils en avaient le cœur. Ça ne serait pas une première. Seulement même les disputes s’étaient espacés ses derniers temps. L’évènement majeur les avaient séparé. Installer une certaine distance entre eux. Pourtant, Roman l’aimait profondément. Chaque nuit il la sentait venir se blottir contre lui. C’était l’unique moment où ils se retrouvaient. La nuit chacun pansait ses blessures dans le contact de l’autre. Des semaines s’étaient écoulées et ils devaient réapprendre à vivre. A aller de l’avant. Souvent il songeait à ce que serait leur mariage. Roman avait confiance. Ils passaient par une épreuve des plus difficile et pourtant ils étaient encore ensemble. Roman ne doutait pas de ses sentiments pour elle. Il craignait surtout qu’elle se lasse de lui. Paradoxalement, il savait qu’elle avait besoin de lui. Tout comme il avait besoin d’elle pour maintenir cet équilibre en lui. Après ces années, la voir encore rougir sous ses compliments était une satisfaction dont il ne se passait pas. Roman esquissa ce lent sourire narquois tandis qu’elle lui répondait avec légèreté. « Tout ça parce que j’ai eu l’audace de te faire un compliment ! » rit Roman malgré que ça le tirait lorsqu’il rigolait. « Je manque peut être d’objectivité lorsqu’il s’agit de toi… mais menteur ? » répéta-t-il avec une petite moue. « Quoique si j’étais un menteur, je voudrais bien mentir tous les jours rien que pour toi, si je peux revoir ce sourire sur ton visage. » Il ne partait pas du principe qu’il était un de ses types qui passaient leur temps à mentir à leur famille. Non, Roman considérait plutôt le mensonge pour ce qu’il pouvait lui apporter de sa fiancé. Si ça pouvait la rassurer, l’épanouir, la détendre et la rendre heureuse alors pourquoi pas. Sauf qu’il savait déjà qu’elle refuserait qu’ils en arrivent à cette relation. Pas un jour ne s’écoulait sans que Roman ne songe à ce mariage. Il voulait la voir rayonnante dans cette robe. En dépit du drame qu’ils traversaient, elle était toujours sublime à ses yeux. Ça n’était pas tant la beauté physique qui primait pour Roman. Ashlynn possédait un cœur pur et une âme bienveillante. Elle aimait les êtres humains. Elle possédait un contact assez facile, quand bien même, elle n’avait pas un caractère facile. Roman aurait du mal à décrire le tumulte qu’elle provoquait chez lui. C’était un mélange de sensations diamétralement opposés mais auxquelles il était incapable de refuser. Entrant dans son jeu, il ne pu s’empêcher d’élargir son sourire et de se délecter de cet éclat de rires. Des semaines qu’il n’avait pas entendu ça. « Je t’implore de me donner juste un petit délai… en contrepartie, je suis ton esclave. Tu pourra faire de moi, tout ce dont tu as envie… » déclara-t-il en la rejoignant, non pas sans qu’une grimace traverses$ ses traits. C’était bien leur premier moment de légèreté depuis le drame. Remontant une main à sa joue, il lui était toujours difficile de rester loin d’elle. Le besoin de contact était toujours important entre eux. Sentir son cœur battre, même si c’étai de façon désordonné. Elle était tout ce qui comptait. Tant qu’elle serait près de lui, ils pourraient avoir des enfants, une famille. Celle dont il rêvait depuis très longtemps. Toutefois, il s’aperçut que son sourire disparut et il en fut troublé. Elle remuait beaucoup trop ses idées parasites. Ça lui bouffait la vie.

    Roman coupa court à ses pensées, en s’approchant d’elle. L’observant tendrement glisser une mèche derrière son oreille, il ne pouvait pas être insensible face à elle. Elle le bouleversait par sa façon d’être. De ses mimiques à ses sourires en passant par sa manie de se triturer les doigts lorsqu’elle était nerveuse. Roman aimait lire cette vulnérabilité chez elle. Il trouvait ça littéralement craquant. Elle était plus naturelle et plus vraie que bien des filles qu’il avait pu rencontré. N’y résistant plus, il combla l’espace entre eux, la clouant au silence dans un baiser exigeant et passionné. Dans ses bras, il la sentit s’abandonner un instant. Le temps de ce baiser, il retrouvait celle qu’il aimait. Celle qui, deux mois plus tôt, l’invitait sans cesse à partager un moment privilégier de sa grossesse. D’un main sur son torse, il la sentit le repousser. Son explication ne lui plaisait pas. Elle n’avait aucune raison de se sentir coupable. C’était insensé. Personne n’aurait pu prévoir la tournure des évènements. « ce que tu m’as infligé ? » s’éberlua Roman sans la quitter des yeux. « Des accidents arrivent tous les jours et ça n’est pas pour autant qu’il y a des coupables. Tu n’es pas responsable, ni même coupable de ce qui s’est produit. Personne, pas même toi, aurait pu deviner ce qui se passerait ce jour là. » tenta-t-il de la convaincre. L’embrassant légèrement, il savait pourquoi elle agissait de la sorte. Clore le sujet et passer à autre chose. Seulement Roman pouvait être un vrai canasson et rester focalisé sur le sujet pendant des heures. Il ne pouvait pas l’empêcher de s’esquiver. Elle souffrait et lui, il profitait de la situation. Le moment était mal choisi pour parler de ça.

    Désormais seul dans la salle de bain, il attrapa sa chemise pour la placer dans la panière à linge. A laver ou à jeter ? Il soupira et sortit finalement pour se rendre dans leur chambre. Sur le seuil, il s’arrêta pour la voir se changer. La robe blanche étaient posée sur leur lit tandis que la jeune femme enfilait son pull. Un sourire en coin s’étira sur son visage tandis que son regard la parcourait sans une once de gêne. Sa réplique aurait pu l’agacer. Ash’ était doué pour ça. Mais encore plus pour le mettre dans tous ses états. « névrosée sexy. » rétorqua Roman en pénétrant un peu plus dans la chambre. L’après coup de l’accouchement laissait encore des traces sur son corps et pourtant, il savait qu’elle avait déjà retrouvé la ligne. Certes, il restait quelques rondeurs mais il les appréciaient alors pourquoi cachait elle toujours son corps sous des vêtement si ample ? « C’est du gâchis que tu caches tes si jolies formes. » A deux pas d’elle, cette lueur de tendresse et d’attirance ne se dissipait plus de son regard. Quand elle était là, ils étaient dans leur bulle. Le monde pouvait bien arrêté de tourner que ça serait bien leur dernière préoccupation. Se rapprochant, il ne tarda pas à sentir les doigts d’Ashlynn sur sa blessure. Il retint une grimace tandis qu’elle lui annonçai que le médecin n’allait pas tarder. « Merci. » souffla-t-il en levant automatiquement une main à son visage. « Qu’est ce que tu dirais qu’on sorte ce soir ? Un petit restau… un ciné… qu’est ce qui te tente ? »

    Okay, il était blessé mais ça ne voulait pas dire qu’il était incapable de lui faire plaisir. Il la voulait pour lui. Qu’ils se retrouvent totalement. Que leur complicité renaisse, que ce drame se retrouve derrière eux et qu’ils aillent ensemble de l’avant. « On pourrait aussi réfléchir à une date. » suggéra-t-il en jetant un œil à sa robe. Loin de lui, l’idée de lui tendre un piège. Ash’ serait Mme Blackhawk alors pourquoi ne pas s’y mettre dès maintenant. Ses doigts frôlant les siens, ils se nouèrent spontanément avant qu’il les resserrent. « Où je peux t’enlever immédiatement et t’emmener dans la première chapelle de Las Vegas pour t’épouser sur le champ. » enchaina Roman avec ce clin d’œil espiègle. Ils avaient toute la vie devant eux. Pourtant Roman la voulait pour femme maintenant. D’une certaine façon, il lui appartiendrait. Ainsi, elle n’aurait plus aucune crainte à avoir. Son autre main caressait lentement sa joue quand il se pencha pour déposer un baiser sur le bout de son nez. Un geste affectueux qu’il n’avait plus fait depuis plusieurs semaines maintenant. Un moment tel que celui-ci, était précieux pour Roman. C’était leur façon d’être ensemble, de se battre contre leur souffrance mais c’était aussi une façon détourner de se dire qu’ils s’aimaient. Cette affection qu’il se démontrait, était la preuve flagrante que parfois les gestes étaient plus fort que les mots.




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    Someone's gotta go
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MessageSujet: Re: « Do you wanna play with me ? Become my personal nurse. » ▬ Ashouille Ven 4 Déc - 20:32

    Il jouait avec sa vie, il était inconscient et prenait des risques inconsidérés, elle en était persuadée. Peut être que pour lui tout ça n’était qu’un jeu, mais pour elle c’était bien plus important. Elle ne pourrait pas survivre sans lui et égoïstement, elle le voulait à ses côtés pour toujours. Elle n’avait jamais eu peur de sa mort, loin de là même. De nombreuses fois, elle avait joué avec sa propre vie, mais la mort des autres l’effrayait. Celle de Roman, plus que n’importe laquelle. Il avait l’air d’ignorer que sans lui, elle était plus rien. Sa vie n’avait pas réellement d’importance si Roman n’était pas à ses côtés. L’espace de quelques secondes, elle se demandait ce qu’il ressentirait si elle s’amusait à son tour avec sa vie. Puis elle se souvint qu’il avait du supporter de la voir se battre pour sa vie et celle de leur bébé et elle se tut. Il en riait en plus ? Elle eut envie de le gifler pour lui remettre les idées en place, mais comme toujours lors de ses derniers mois, elle n’en fit rien. « Tu devrais te lancer dans une carrière de comique. » asséna-t-elle sur un ton froid. « Tes paroles n’ont pas vraiment d’impact quand t’es en sang. » fit-elle remarquer. Elle aimerait croire qu’ils allaient vieillir ensemble, mais en le voyant comme ça, elle s’imaginait plus être la fiancée pleurant son futur époux. « Je comprend pas Roman. Tu sais que la vie ne tient qu’à un fil et tu joues avec. »

    Elle avait essayé de faire taire cette petite voix dans sa tête, qui lui disait qu’elle le perdrait pour son travail. De nombreuses fois, elle avait tenté de se dire que son métier était sur et qu’il rentrerait toujours à la maison. C’était plus facile de fermer les yeux, quand ils se contentaient de sortir ensemble certains soirs. Depuis qu’il lui avait demandé de vivre avec elle, elle avait du ouvrir les yeux. Les appels au secours nocturne et les blessures faisaient parti intégrante de son quotidien. Elle n’était pas sur que ça puisse faire partie du sien. A ce rythme, elle finira avec un ulcère, des cheveux gris et une ride d’inquiétude sur le front. Elle finit par laisser sortir tout ce qui lui pesait sur le cœur. Elle releva le regard vers lui, légèrement honteuse d’avoir laissé échapper tout ça. Parfois, elle aimerait savoir se taire et le protéger de ses névroses. Elle le fixa quelques secondes pour s’assurer qu’il ne mentait pas et qu’il n’allait pas s’effondrer dans les secondes qui allaient suivre. Elle reprit doucement son calme et essuya la larme qui coulait le long de sa joue. « Si je le faisais pas, qui s’inquiéterais pour toi ? » demanda-t-elle légèrement moqueuse pour apaiser la tension qu’elle avait crée. Elle aimerait le soutenir à deux cent pourcents comme lui le faisait. Son métier n’était peut être pas des plus glorieux, mais elle ne risquait pas sa vie chaque jour comme lui pouvait le faire. Elle avait juste besoin de s’y faire. « T’as plutôt pas intérêt. » conclue-t-elle une moue enfantine peinte sur son visage.

    Avant, ils se disputaient sans cesse. Pour des broutilles. Pour leur travail respectif. Parce qu’ils ne savaient pas se dire leurs sentiments autrement. Même ça s’était réduit depuis l’accident. Ses cinq minutes dans la salle de bain était certainement leur plus grand échange depuis qu’elle avait du accouché. C’est pas pour autant qu’ils ne s’aimaient pas. S’il y a bien une chose dont Ashlynn était resté persuadé au fil des mois, c’était de son amour pour Roman. Elle n’avait jamais quelqu’un à ce point. Elle lui a tout donné, son cœur, son âme, sa vie. Ashlynn n’était pas très proche de sa famille. Sa mère était décédée. Son père ne pensait qu’à son entreprise et avait laissé sa famille sur le bord de la route, il y a bien longtemps. Sa seule famille se résumait à Roman et à son frère, qui avait préféré affronter la guerre en Irak, plutôt que d’affronter la vie ici. Sans les deux hommes de sa vie, elle n’était plus rien. Si ça n’avait pas été pour Roman, elle aurait déjà abandonné le combat depuis bien longtemps. Après tout ce temps, elle avait encore besoin de lui comme au premier jour. Ca avait commencé par un besoin de changement de pneu et ça finissait avec une dépendance totale à lui. Son cœur se gonfla de bonheur à l’entente de son rire. Bon dieu, ce que ce son lui avait manqué. « Bien sur que t’es un menteur. » répliqua-t-elle avant de regarder ses seins. « Ils sont bien trop gros pour cette robe, maintenant. » fit-elle avec une légère moue. Elle lui sourit timidement à sa dernière remarque. Elle aimerait tant redevenir la fille innocente qu’elle était avant que le drame ne frappe leur vie. Elle était pleine de vie, elle croquait celle-ci à pleine dents et n’était pas effrayé par un rien. Elle se contentait de vivre sa vie. Elle faisait des projets et mettait tout en place pour qu’ils se réalisent. Elle savait ce qu’elle voulait avant. Aujourd’hui, elle n’en était plus sur. Nan en réalité, c’était encore pire. Elle ne voulait plus rien. Son unique projet était de se marier avec Roman et elle avait encore des réticences à ce sujet. Il méritait mieux qu’elle. « Mon sourire va revenir. J’ai besoin de toi pour ça. Pas de mensonges. En plus, t’as jamais su me mentir. » rajouta-t-elle légèrement amusée. Depuis le drame, c’est la première fois qu’elle se sentait aussi à l’aise avec lui. C’est la première fois qu’elle se sentait heureuse. Elle voyait doucement la fin du tunnel et même si le chemin était encore long, elle finirait par être heureuse à nouveau. Avec Roman. Et peut être qu’un jour, ils pourraient envisager de construire une vraie famille. Un rire s’échappa de ses lèvres. Elle s’étonna elle-même, mais n’en fit rien remarquer. C’était évident pourtant. Seul lui aurait pu lui tirer ce rire. Il était sa boussole, son nord et son sud. Il était son roc. Elle leva un sourcil, amusée. « Mon esclave vraiment ? » Elle se mordilla la lèvre, en posant sa main sur son torse. Son regard s’accrocha au sien et pendant quelques secondes elle oublia qu’il était blessé et qu’ils ne pourraient rien faire. Un sourire malicieux traversa son visage. « Fais gaffe, y a pleins de trucs à la cave qu’on doit ranger. » Elle passa une main sur sa joue et se rapprocha doucement de lui en s’assurant de ne pas toucher son côté blessé. Sa main descendit le long de sa joue, sur son torse et plus particulièrement sur son cœur, dont elle sentait les battements sous sa paume.

    Au lycée, ils étaient sans cesse en train de se disputer. Tout le temps. Sans réelles raisons. Quand il était revenu à Madison, les choses avaient changés. Ils s’étaient apprivoisés très rapidement et le plus bizarre, c’est que la tendresse s’est instauré naturellement entre eux deux. Leur relation aurait pu paraitre bizarre et elle a choqué beaucoup de gens, mais ils se sont vite rendu compte que les deux jeunes amoureux étaient faits pour être ensemble. Emanait d’eux une telle tendresse que personne ne doutait plus après les avoir vu. Personne, sauf peut-être le patriarche Lancaster. Ils étaient tendre mais pas pour autant passionné. Ce baiser qu’ils échangeaient le prouver. Elle se mit sur la pointe des pieds pour accentuer l’impact de leurs lèvres. L’espace d’un instant, elle oublia toute la douleur qui les accompagnait depuis deux mois. Elle ne pensait qu’à lui et à ce feu qu’il savait faire naitre en elle. Mais comme à chaque fois, ce simple moment prit un gout amer quand elle commença à se sentir coupable. Elle le repoussa doucement de sa main, sans pour autant s’éloigner de lui. Deux mois auparavant, elle aurait répliqué à la phrase de Roman, mais elle était fatiguée de se battre. Il pouvait croire ce qu’il voulait. Elle savait la vérité. C’était de sa faute si leur bébé était mort. Elle aurait du voir que quelque chose n’allait pas avec leur fille. Elle remit une de ses mèches de cheveux derrière son oreille et acquiesça doucement, sans en penser un mot. Ils ne seraient pas d’accord sur ce point. Elle savait qu’un jour, il reviendrait à la charge pour lui faire changer d’avis mais elle n’était pas encore prête pour ça. Elle déposa doucement ses lèvres sur les siennes, une nouvelle fois. Maintenant qu’elle y avait regouté, elle n’était plus sur de pouvoir s’en passer. C’était un meilleur anti-douleur que ce qu’elle prenait. Elle fuit rapidement la salle de bain. La fuite était devenue sa meilleure amie.

    Après un rapide coup de fil, elle se dirigea dans leur chambre pour enlever sa robe. S’il avait encore l’intention de l’épouser, elle devait rester propre. Elle ne l’épouserait pas avec une robe tachée de sang, surtout si ce sang était le sien. Revêtant le pull de Roman, elle sursauta doucement quand elle sentit sa présence. Elle tourna la tête et ne put s’empêcher de faire une remarque pour cacher sa gêne face à son corps et à ses nouvelles formes. Elle eut un moment d’arrêt à sa remarque. Avait-il remarqué qu’elle devenait complètement folle ? Un faux sourire se dessina sur ses lèvres quand elle se rendit compte qu’il n’avait rien remarqué. Il l’appelait toujours comme ça avant. Elle attrapa un élastique pour s’attacher les cheveux dans une couette désordonné et en faisant, son pull remonta le long de ses jambes fines. Elle vit Roman la détailler et elle ne put empêcher un léger rire cristallin d’emplir la pièce. « Tu peux vraiment pas t’en empêcher hein ? » Elle n’avait aucun problème avec ce qui était en dessous de son ventre, mais elle tira comme même sur le pull pour cacher ses cuisses et aussi pour cacher de plus belle son ventre. « C’est du gâchis que tu fasses des cicatrices à ton corps parfait. » répliqua-t-elle d’un ton sec. Elle pouvait être douée à ce jeu. Elle savait quoi faire pour éviter les compliments qu’elle ne voulait pas recevoir. Elle s’en voulu immédiatement et souffla un désolé. Il fallait qu’elle cesse de le repousser. Sans lui, elle n’arriverait pas à avancer, il était temps qu’elle l’accepte. Elle passa un doigt sur sa blessure avant de laisser son doigt remonter le long de son torse. Elle releva la tête vers lui et se raidit un peu à sa demande. Elle n’était pas réellement sorti depuis qu’il l’avait ramené de l’hôpital, si ce n’est pour sa visite chez le médecin, qui lui donnait ses anti douleurs. Elle savait que bientôt, elle allait être à cours et que l’ordonnance ne serait pas renouvelée, mais pour le moment, c’était le dernier de ses soucis. Elle voulait juste passer un moment avec Roman. Elle se nicha dans le creux formés par la naissance du cou du jeune homme qui la réceptionne « On pourrait louer un film et rester ici. » proposa-t-elle doucement. Elle le vit ouvrir la bouche pour protester, mais elle ne lui en laissa pas le temps. « Je te ferais ton repas préféré. » rajouta-t-elle avec un sourire.

    Elle le regarda attendri. Ses projets sont beaux et pour la première fois depuis des mois, elle s’imagine leur futur et se voit descendre l’allée dans sa robe blanche, vers lui, qui l’attendrait plus sexy que jamais dans son costume. « Et faire les invitations. » souffla-t-elle. Il était temps qu’elle aussi refasse des projets, qu’elle se réinvestisse dans leur couple. Ils avaient besoin l’un de l’autre. Elle était naïve si elle pensait pouvoir passer cette épreuve sans lui. Sans lui, elle ne rimait à rien. Un sourire sincère illumina son visage. Elle aimait l’idée de se marier avec lui maintenant, mais pas à Las Vegas. Elle se fichait de savoir qui était présent. Les grands mariages n’étaient de toute façon pas fait pour eux. Elle voulait juste pouvoir s’en souvenir avec fierté. Elle grimaça doucement avant de passer ses bras autour de sa nuque. « Et en lune de miel, je jouerais l’infirmière, c’est ça ? » demanda-t-elle taquine. Ils sont plus proches qu’ils ne l’ont été durant ses deux mois. Elle se sent plus forte à ses côtés, elle se sent plus légère aussi. Prête à affronter une nouvelle étape de la vie. Il se penche sur elle et dépose un baiser sur son nez, comme avant. Elle sourit. Elle est prête à dire quelque chose, mais les mots refusent de sortir. Ses lèvres bougent, aucun mot ne parvient à traduire, à expliquer la vitesse des battements dans sa poitrine, alors pour se faire comprendre, elle pose ses lèvres sur les siennes et lui montre à quel point elle est folle de lui, à quel point, elle a besoin de lui et à quel point, elle veut devenir sa femme. L'étreinte est longue mais pas suffisante pour rassasier leur besoin de l'autre, quand ils sont obligés de se séparer parce que la réalité les rattrape. La sonnerie retentit. Le médecin est là. Fin de l’acte de retrouvaille.
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MessageSujet: Re: « Do you wanna play with me ? Become my personal nurse. » ▬ Ashouille Dim 6 Déc - 2:29



    Roman mordait la vie à pleine dent. S’investissant dans son job qu’il aimait. Il lui arrivait parfois d’oublier le monde qu’il entourait. Son job, il le faisait bien. Bien des gens de Madison le reconnaissait et lui posait des questions. Roman, malgré son coté un peu froid, est un très bon flic. Il possède un contact facile et reste abordable. C’est souvent ce qui fait la différence avec certains de ses collègues. De par son statut, il ne se sent pas forcément supérieur. Il se considère plus comme un guide que comme le type qui doit réprimander quelqu’un pour son erreur. Seulement parfois, certains lui menait la vie dure. Un jour, ça lui couterait cher. Soit par sa vie, soit parce qu’il serait allé trop loin et perdrait Ashlynn. Son choix était vite fait, il devait se remettre en question. Dès aujourd’hui. Il ne pouvait laisser sa vie lui échapper. La distance qui perdurait entre eux devait disparaitre. Deux mois s’étaient écoulés depuis le drame, il était temps qu’ils en parlent, trouve une solution, se réconforte, aille de l’avant. Roman ne pouvait plus rester à attendre que ça se passe. Il devait agir. Ses répliques agaçaient la jeune femme. Dans un sens, Roman pensait que c’était un bon début. Elle réagissait. Peut être pas exactement comme il le souhaitait, mais il suscitait une réaction. Grimaçant à ses remarques, il prit sur lui. Elle lui en voulait d’avoir prit trop de risque et d’être encore blessé. Pourtant, ça n’avait rien à voir avec une blessure où il serait obligé de rester cloué dans un lit pendant plusieurs jours. Sa vie n’était pas en danger. « j’ai toujours été comique mais jusqu’à maintenant, tu ne comprenais pas mon humour. » lança-t-il avec espièglerie. Elle était sur les nerfs et il en rajoutait une couche. Ça risquait de mal tourner s’il poursuivait sur cette pente. Etre flic engendrait des risques. Une chose que la jeune femme éprouvait des difficultés à accepter. Il baissa légèrement la tête, le temps de rassembler ses pensées. « Je suis juste un peu distrait. Ça va passer. Pas de quoi s’inquiéter. » Et avec ça, elle était sensée être rassurée. Il convenait que s’il voulait vraiment que ça ait un impact, il devrait faire des efforts. Pas de prise de risques. C'est-à-dire que la prochaine, ça serait à son collègue de courir après ce petit voleur. Ou alors peut être devrait-il accepter le congé que lui avait suggéré son patron.

    Roman devait être plus vigilent. Pour elle. En prenant autant de risques, les accidents ne sont pas inévitables. Ashlynn n’avait – comme lui – pas la vie parfaite qu’un parent désire pour son enfant. Tout deux n’échappent pas à la règle. Ashlynn pour ses différents avec son père qui ne pense qu’à sa société, avec son frère qui a choisit l’Irak à leur famille et sa mère disparue. Lui, c’était deux parents décédés, un frère avec qui il n’a plus aucun rapport depuis 4 ans et un père qui le maltraitait. A se demander comment Roman a pu devenir un type si bon, en traversant de telles épreuves depuis son enfance. Pourtant il était un type recommandable. Il s’investissait trop dans son job mais ça changerait à l’avenir. Parce qu’avant de pouvoir soigner les autres, il faut se soigner soit même. Et pour le soigner lui, il faut la soigner elle. Il se faisait houspiller sans états d’âme et la passion qu’elle mit dans cette colère le soulagea. Elle laissait enfin sortir une partie de ses émotions qu’elle retenait depuis deux mois. En tentant d’adopter un ton plus léger, elle lui demanda qui s’inquiéterait pour lui si elle n’était pas là. Une pensée traversa son esprit, il eut toutes les peines du monde à retenir se sourire qui s’immisçait sur son visage. « Monica, Pamela, Quinn, July… » récita-t-il, histoire de voir sa réaction. Pour ça, il ne s’inquiétait pas. Elle saurait bien lui faire part de son mécontentement. Elle avait besoin de ça. De se détendre. Il fallait à tout prix qu’ils se retrouvent juste tous les deux l’espace de quelques heures. Pour se parler. Pas forcément par des mots. Des regards et des gestes avaient longtemps suffit à leur relation. Roman espérait que ça n’aurait pas changé. Quand bien même tous les jours, il lui répétait qu’il l’aimait. « Bien madame. Monsieur Blackhawk vous est entièrement dévoué. Il fera tout ce que vous souhaiterez dans les moindres… détails. » releva-t-il avec ce sourire qu’il n’avait que pour elle. Elle aurait pu être en pyjama qu’il l’aurait regardé de la même façon. Avec cette lueur de désir, d’amusement et d’appartenance qui exprimait tout son amour pour elle. Elle ne pouvait en douter. Chaque matin, lorsqu’il se réveillait en la serrant dans ses bras, il se rappela la chance qu’il avait. Une fille comme elle, ça ne restait jamais seule. A peine aurait il eu le dos tourné que dix mecs se jetteraient à ses pieds. Sauf qu’à Madison, les habitants savaient qu’il ne fallait pas trop s’approcher de la jeune femme. Roman était jaloux et avait tendance à un peu trop s’emporter lorsqu’on regardait sa fiancée d’un peu trop près.

    Roman avait un souvenir mémorable du jour où ils s’étaient revu. Appuyé contre sa voiture, elle pestait contre son portable qui ne détectait pas de réseau. Un pneu crevée et au détour ronde, il l’avait découverte. Les premiers regards n’avaient pas été franchement amicaux, pourtant il avait brisé la glace en lui remplaçant son pneu. Roman s’était montré chaleureux et sincère. Oh bien sur, elle n’était pas resté muette. Comme si des années ne s’étaient pas écoulées, ils avaient commencer à se quereller mais c’était sans compter sur l’attirance que l’un éprouvait pour l’autre, réciproquement.
    Depuis son accouchement, les disputes avaient soudain cessé. Il y avait évidemment de bonnes raisons à ça. Roman s’investissait dans son travail pour repousser la souffrance. Quand à Ash’, elle souffrait seule. Le dialogue devint alors inexistant. Ça n’est que là, au beau milieu de la salle de bain qu’ils réapprenaient à se parler. Roman savait où se trouvait ses priorité. S’il ne souffrait pas de la situation, il agirait tout autrement. Sa vie se résumait à Ashlynn. Elle savait quoi dire et quoi faire pour le titiller, l’agacer, le rendre complètement dingue. Et elle ne manqua pas de le faire. En ce bref instant, il avait l’étrange sensation que tout revenait à la normale. Ils se disputaient pour des broutilles et finiraient dans les bruns l’un de l’autres dans les dix minutes à venir. Leur histoire se résumaient entre disputes, réconciliations et étreintes. Roman n’aurait jamais pensé qu’il tomberait amoureux d’elle. Pourtant, il devait admettre que son cœur ne s’y était pas trompé. Ashlynn comblait la totalité manquante de son cœur. Sans elle, il perdait plus qu’une partie de lui. Il se perdait lui-même. « parce que tous les hommes sont volages et menteurs ? » releva-t-il avec un sourire en coin. Il pouvait toujours essayer de lui cacher quelque chose mais ça ne rimerait à rien. Un jour où l’autre, elle finirait par le découvrir. La vérité finissait toujours par éclater. Ça n’était qu’une question de temps. Quand à sa fidélité, il était conscient que ce qu’il éprouvait pour elle, aucune autre ne pourrait le suscité. Bien sur, ça n’empêchait pas certaines filles de le draguer ouvertement mais Roman ne jouait pas avec les sentiments des autres. Pas en amour. Il n’avait pas besoin de maîtresses. Tant qu’il l’aurait elle, sa vie serait équilibrée. Il n’arrivait pas à croire ce qu’il entendait. Ash’ avait elle une lubie avec ses seins ? quoi que ça ne serait pas une première. Dire qu’elle était inconsciente de la perfection de son corps. Bien des filles l’enviaient rien que pour ça. La grossesse avait opéré des modification morphologiques et sa poitrine était plus généreuse, ce qui était loin de déplaire à Roman. Mais il n’aimait qu’elle se pense désavantagée. « Aucun homme digne de ce nom ne peut te trouver autrement que magnifique. Si tu n’avais pas cette bague, une dizaine de type seraient déjà à tes pieds. » Il l’aiderait à se retrouver. La vie les éprouvait. Plus rien ne seraient comme avant mais ils avaient l’opportunité de faire les choses correctement. Ils s’en sortiraient. Ça n’était qu’une question de temps. La légèreté du moment lui gonflait le cœur. Lentement, il commençait à revoir son visage se détendre puis se métamorphoser. Tout espoir n’était pas perdu. Un jour, elle viendrait à lui sans même qu’il ait un mot à dire. Un jour tout rentrerait dans l’ordre. Un jour, ils fonderaient cette famille. L’entendre dire ses quelques mots était rassurant et en même temps, il était fier qu’elle pense à lui comme était son maillon fort. Il lui était donc indispensable, comme le dose d’héroïne pour un junkie. « Je me met au défie de te faire sourire un peu plus chaque jour. » souffla-t-il à quelques centimètres d’elle. L’un comme l’autre avaient besoin de ça aujourd’hui. Quitte à souffrir, ça seraient ensemble. Quand à être heureux, ça serait pareil. Lorsque son rire résonna dans la pièce, il crut rêver l’espace d’une seconde. Ça faisait des semaines qu’il n’avait plus entendu ce son. Et à cette seconde – par crainte de briser l’instant – il se tût sur le fait qu’il trouvait ça terriblement sexy de l’entendre rire. Néanmoins, il ne put retenir un frémissement le parcourir de la tête au pied. Sa remarque avait eu moins l’effet de l’amuser réellement. Sa main sur son torse, il sentait déjà se fourmillement le parcourir tout entier. Et ça n’était qu’un bref contact. Parlant de la cave, à son tour il ne put étouffer son rire. « Je me moque pas mal de ce qu’on doit ranger. Toujours est il que personne ne met jamais les pieds là bas… et qu’on pourrait y être tranquille pour une petite…expérience, chérie. » appuya-t-il en plongeant son regard malicieux dans le sien. Jamais il ne serait de marbre en face d’elle. Elle était ce volcan à elle toute seule. Etre avec elle, était une expérience qu’il espérait vivre jusqu’à la fin de ses jours. Sa main parcourait sa joue pour descendre lentement sur son cœur. Parfois les mots devenaient inutile. Son regard plongé dans le sien, il lui disait tout ce qu’il avait besoin de savoir. C’était aussi pour ça qu’il l’aimait. Cette tendresse qui paraissait dans chacun de ses gestes.

    Le début de leur relation avait été bancale. Entre eux tout se passaient à merveilles. Les gens s’étonnaient de les voir ensemble. La famille de Roman n’avait pas lieu d’être un obstacle. D’autant plus qu’il ne pouvait considéré que son frère en soit un. Quand à la famille de la jeune femme, c’était différent. Il y avait le patriarche Lancaster et le frère protecteur. Deux personnes qui pouvaient décidé qu’elle méritait bien mieux que lui. Il fallut des mois pour que tout le monde accepte leur couple. Son frère menaçait de lui faire la vie dure et de lui casser la figure à la moindre incartade, quand à son père il n’était pas vraiment bavard. Le moindre de ses regards avait suffit à Roman pour comprendre que ce dernier le briserait si jamais il osait faire du mal à sa fille. Malgré les disputes, les coups de gueules, ils finissaient à chaque fois par se retrouver. Des concessions chacun en faisaient et c’était surement pour ça que leur couple perdurait. Une dose de compréhension suffisait parfois à résoudre les problèmes les plus tortueux. Ses lèvres sous les siennes, il lui clouait le bec. Il ne voulait pas l’entendre à cette seconde. Non, tout ce qu’il voulait se résumait très simplement : elle. Roman pouvait faire preuve d’impatience lorsqu’il s’agissait de l’embrasser. Il la désirait toujours plus ardemment. Son corps se moulait parfaitement au sien. Il buvait à ses lèvres comme un assoiffé à une fontaine. Il ne pouvait pas se retenir. C’était plus fort que lui. Il avait besoin d’elle pour maintenir l’équilibre mais surtout, il avait un besoin irrépressible de savoir que cette attirance, cette tendresse et cet amour ne s’étaient pas envolé. Il avait besoin d’elle. Le repoussant, il ne comprit pas vraiment et avant même qu’il ait pu aller au bout de sa pensée, elle l’embrassait rapidement pour prendre la fuite. Pour lui, il fallait y mettre un terme. Pas question que ça continue.

    Le temps de rassembler ses pensées, il la retrouva dans leur chambre. Sur le pas de la porte, il l’observait se changer. Etre flic requérait certaines capacités. Entre autre, être curieux et observateur. Roman l’était. Seulement parfois, il se bandait les yeux pour ne pas réaliser combien sa fiancée pouvait être un peu dingue. Il souffla un léger désolé lorsqu’elle sursauta en le voyant. Qui s’attendait elle à voir ? S’approchant d’un pas léger, il ne pouvait s’empêcher de la détailler. Elle était splendide à ses yeux. Son corps avait subit des modifications mais elle n’en restait pas moins magnifique. Cette lueur réapparaissait dans ses yeux et à cette seconde, c’était l’une des choses les plus merveilleuses qu’il avait pu voir depuis ses dernières semaines. A sa remarque, il haussa les épaules en ajoutant. « Qu’est ce que tu veux que je fasse, tu me fais fantasmer en portant juste… mon pull ? » réalisa-t-il après quelques secondes. « T’as raison, il te va mieux qu’à moi. » Il se délectait de la voir porter cet habit qui lui couvrait entièrement le ventre et tombait à mi cuisse. Certaines parties de son corps restaient sensible et il espérait un jour qu’elle se rendrait compte de la beauté qu’elle transmet. « Les cicatrices sont la preuve du vécu. Certaines disparaissent d’autres pas. Ça ne nous empêche pas de continuer à vivre. Ces cicatrices font ce que nous sommes aujourd’hui. Elles nous rendent vulnérable et plus fort à la fois. Il y en aura d’autre et on les affrontera ensemble. » conclu-t-il en soutenant son regard. Il ne comptait pas mettre sur le tapis un sujet précis. « Je ne te lâcherais pas en cours de route. » Peut être avait elle besoin de ça pour aller de l’avant. Pour savoir qu’il la rattraperait si jamais elle trébuchait. Cette souffrance le torturait, mais ça n’était rien comparé à celle qu’il lisait dans le regard de sa fiancée. Elle culpabilisait, c’était évident. Contre toute attente, il fut agréablement surprit lorsqu’elle vint chercher le contact. Un changement dans l’air ? Se nichant dans ses bras, il fit naturellement remonter une main tendre dans son dos. A la fois apaisante et rassurante. Ce moment eut le don de lui faire espérer que tout irait pour le mieux. Il s’entendit alors lui suggérer de sortir. Elle passait trop de temps toute seule à l’appartement. Ces dernières semaines, il n’avait pas été très présent et il se le reprochait amèrement. Elle aussi avait besoin de lui. Ça ne marchait pas que dans un sens. Sa réponse ne fut pas exactement celle qu’il espérait. Il s’apprêta à rétorquer lorsqu’elle l’apprivoisa avec le dîner. Plissant les yeux, il la fixa une seconde, un sourire aux lèvres. « C’est du chantage. Tu peux pas m’acheter avec de la nourriture ! » grogna-t-il, sans pour autant la relâcher. Le pire, c’était que ça marcherait. Parce qu’il passeraient la soirée ensemble. A la maison mais c’était un début. Avec le temps, il arriverait bien à la trainer dehors.

    Parler du mariage équivaudrait à mettre sur pied celui-ci. Roman se doutait qu’ils auraient bien des points à éclaircir. La couleur des nappes, le lieu de la réception, la date, les invitations, le menu, les demoiselles d’honneurs peut être, le plan de table. Il n’y connaissait rien et était terrifié à l’idée que ça devienne officiel. Mais une pensée le poursuivait. Et si, c’était justement ce projet commun qui les aiderait à dépasser leur souffrance et la perte de leur fille ? Ses doigts filtrant entre les siens, il sourit à sa remarque. Sa réticence s’effaçait lentement. « Ne pas oublier le traiteur, les alliances… mais surtout la lune de miel… » acheva-t-il avec ce sourire taquin. C’était bien la première chose à laquelle il pensait lorsqu’on évoquait le mariage. Il voudrait lui faire plaisir. Choisir un endroit qui lui plairait. Mais en y songeant, elle ne verrait surement que leur chambre d’hotel. Car pas question qu’elle sorte sans lui. Sa remarque le fit rire. En infirmière ? « Pourquoi pas ! mais je compte bien m’occuper de ton cas… tu seras tellement épuisée que t’aura plus la force de te lever du lit ! » rit il en se penchant sur ses lèvres. Il s’abreuvait à elle. L’embrasser lui était devenu indispensable. Il respirait enfin après des semaines dans sans oxygène. Comment avait il pu tenir si longtemps ? Il la rapprocha machinalement de lui, apposant une main sur sa hanche tandis que leurs lèvres devenaient de plus en plus exigeantes puis que les battements de son cœur cognait de façon désordonné dans sa poitrine. Il haletait déjà et sa respiration se coupait par instant. Dieu que c’était bon de retrouver la chaleur de ses bras. La faisant reculer de quelques pas vers le lit, Roman grogna contre ses lèvres lorsque la sonnerie retentit. Se détachant, elle l’embrassa aux coins des lèvres avant de disparaitre, ce sourire en coin peint sur le visage. Il se retourna pour la voir passer la porte. Une seconde plus tard, il la rejoignit dans le salon alors qu’elle était en pleine discussion avec le médecin.



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    I want you to know that it doesn't matter
    Where we take this road
    Someone's gotta go
    And I want you to know
    You couldn't have loved me better

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MessageSujet: Re: « Do you wanna play with me ? Become my personal nurse. » ▬ Ashouille Mer 9 Déc - 0:07

    Ashlynn n’avait jamais été du genre à s’inquiéter pour tout le monde. Bien au contraire, elle avait toujours été connue pour son indépendance et sa froideur. Au lycée, elle avait la danse, son frère et sa meilleure amie. Elle n’avait jamais eu besoin de plus. Elle avait enchainé les histoires d’amours, sans réellement s’attacher. Le prince charmant n’était pas au rendez vous, pensait-elle souvent. Les histoires d’amours n’étaient, à ses yeux, qu’une perte de temps futile. Tomber amoureux, c’était prendre le risque de se faire briser le cœur. Tomber amoureux c’était contre tous ces principes. Tomber amoureuse n’avait jamais été dans ses plans. Tomber amoureuse de Roman Blackhawk était l’idée la plus risible, qui à l’époque, lui serait venu. Pourtant, aujourd’hui, elle ne se souvenait même plus de ce que ça faisait de ne pas être amoureuse. Pour lui, elle avait balayé tous ces principes et le ferrait une nouvelle fois, sans hésiter. Malgré tout ce qu’ils traversaient en ce moment, elle serait prête à se damner pour lui. Il lui avait volé son cœur sur une nationale. Il s’était servi de sa vulnérabilité pour la faire tomber dans les filets. Désormais, il était la raison pour laquelle elle était vulnérable. Il était sa force et sa faiblesse. Un léger sourire sur ses lèvres, elle tenta de faire de l’humour, pour oublier la peur bleue qui lui rongeait l’estomac, pour oublier que le voir en sang rendait réel ses pires cauchemars. A l’entente des noms des jeunes filles, elle se raidit doucement. Surtout quand elle entendit le nom de July. Une compétition s’était instaurée entre les deux jeunes filles, sans réellement qu’elles sachent pourquoi. Il y a un peu plus de d’une semaine, Ashlynn avait surpris Roman au téléphone riant avec la demoiselle. Un coup de poignard dans le cœur ne lui aurait pas fait plus mal. « J’espère qu’elles t’accepteront dans leurs lits, parce que tu vas être obligé de dormir sur notre canapé. » répliqua-t-elle, faussement décontractée, alors qu’à l’intérieur, la jalousie avait pris possession d’elle. Ces derniers temps, elle était plus vulnérable que jamais. Elle se sentait oppressé par les attentes que les gens mettaient sur elle. Elle ne se sentait pas assez bien, surtout pour Roman. Elle le faisait souffrir, et même s’il cachait cette souffrance, elle l’apercevait parfois dans ses yeux et ça la bouffait. Peut être serait-il mieux avec une autre fille ? Peut être devrait-elle cesser d’être égoïste et le quitter pour qu’il puisse refaire sa vie avec une femme qui pourrait lui donner ce qu’il désirait le plus : une famille ? Se demandait-elle sans cesse. Ces questions la hantaient en permanence et elle n’arrivait désormais plus à s’en défaire. Le seul moment où elle les oubliait, c’est quand dans la nuit noire de leur chambre, elle se moulait dans ses bras et qu’il la soutenait avec tout l’amour possible. Plus aucun doute ne traversait alors son esprit. Mais à la lumière du petit matin, ils revenaient plus forts que jamais. Elle espérait qu’ils disparaissent un jour et qu’ils acceptent de la laisser s’épanouir au côté de l’homme de sa vie, avant qu’elle ne gâche tout. Ses doutes s’envolaient de plus en plus souvent quand elle était en sa présence. L’amour guérissait peut être de tous les maux. « Hum j’ai de grandes attentes pour vous Mr Blackhawk, faites attention à ne pas me décevoir. » répliqua-t-elle légèrement amusée. Roman avait ce don de tirer le meilleur d’elle, en toutes circonstances. Il savait lui redonner le sourire, mieux il savait lui redonner le gout de vivre. Elle lui sourit doucement. Elle avait beau être pleine de doutes, une chose restait immuable. Elle en était folle dingue de son fiancé. Son cœur lui appartenait déjà pour l’éternité et leur mariage ne serait qu’une formalité...

    Leur histoire d’amour était loin d’être un long fleuve tranquille. Elle avait commencé sur les chapeaux de roues, entre disputes et remarques acerbes. Sur le chemin, elle s’était transformé en un savant mélange de passion et de tendresse. Personne n’aurait parié sur leur histoire. Pourtant, elle avait accepté de l’épouser et ils avaient même eu un enfant ensemble. Ashlynn, comme toujours, n’en avait fait qu’à sa tête. Elle n’avait pas écouté les recommandations de son frère, encore moins, les mises en garde de son père. Elle s’était jeté corps et âme dans cette histoire. C’est vrai. Ils se disputaient parfois. Souvent, en réalité. Mais ils ne s’en aimaient pas moins pour autant au contraire. Le jour où les disputes cesseraient pour de bon, peut être que ce jour là, ils auraient un vrai problème. Ce sera le jour où ils auront cessé de s’en soucier et ce serait pire que tout. Les disputes s’étaient fortement réduites depuis deux mois, mais elle n’avait pas cessé pour autant. Elles étaient juste moins passionnelles, teintées d’une nouvelle souffrance. « Tu peux pas m’en vouloir de penser ça. Dois je te rappeler l’homme qui m’a élevé et qui te crée encore des cauchemars ? » demanda-t-elle. Son père avait été à la naissance de bons nombres de ses problèmes relationnels. Le patriarche Lancaster n’avait jamais réellement voulu d’enfants. Il aurait très bien pu se contenter d’une éternité avec son épouse, mais parce qu’il était fou de Mme Lancaster, il avait consenti à lui donner des enfants. Et puis, ça faisait bien d’avoir des enfants. Ashlynn et son frère seraient là pour reprendre le flambeau de l’entreprise familiale. Oui pour Mme Lancaster, il était prêt à bien des bénéfices. Pour ses enfants, les choses étaient différentes. Mensonges et manipulations étaient les maitres mots pour obtenir ce qu’ils désiraient d’eux. Il n’avait jamais accepté la relation qu’Ashlynn entretenait avec Roman, mais en bien des rapports, il se retrouvait en elle. Elle était aussi prête à tous les sacrifices pour lui, comme lui l’avait été pour sa femme. Un sourire se dessina doucement sur ses lèvres. Seul lui avait le don de la rendre unique par des simples paroles. Il avait cette façon bien à lui, de lui dire qu’elle était belle et de lui redonner confiance en elle. « Chéri, cette bague m’en ramène dix de plus. Savoir que je suis fiancé leur donne envie de me détourner du droit chemin. » déclara-t-elle, amusée. La jalousie avait failli de nombreuses fois détruire leur relation. Ils étaient tous les deux trop passionnées, trop amoureux pour pouvoir jouer à des jeux stupides. Pourtant, tester la jalousie de l’autre de temps en temps les rendait plus fort. La vie les éreintait. A ce rythme, ils finiraient désillusionnés et amer pour le reste de leur vie. Heureusement ils s’avaient l’un et l’autre. Ils avaient juste besoin de temps pour se remettre doucement de la nouvelle épreuve que la vie leur avait imposé. Jusque là ils s’étaient toujours remis de tout. De la mort de sa mère. Des maltraitances de son père. Pourquoi ne pourraient-ils pas survivre à celle-ci ? Peut être parce que celle-ci les avait touché au plus profond de leur âme. Ils n’avaient pas seulement perdu une partie d’eux, mais une partie combinée d’eux. Leur blessure laissera une jolie cicatrice, mais ne les tuera pas. Pas encore. Le temps fera son effet et un jour, grâce à lui, elle sourira, comme elle avait l’habitude de le faire. Elle sourira de la bouche aux yeux, sans que ceux-ci ne disent le contraire de sa bouche. « C’est un défi trop simple. Si quelqu’un peut réussi ce miracle, c’est toi. » souffla-t-elle dans un murmure. Seul Roman avait le pouvoir de la remettre sur pied. Il était le guérisseur de son âme et de son cœur, mais qui guérira ses blessures à lui ? Ce sera chacun leur tour. Elle le ferait sourire à son tour. Les gens avaient beau dire qu’ils comprenaient ce par quoi les deux amoureux passaient. En réalité, ils n’en avaient aucune idée. Jamais personne d’autre qu’Ashlynn et Roman ne pourraient comprendre et c’est pour ça qu’ils avaient le pouvoir de se sauver mutuellement. Dix minute de conversation et déjà, un rire s’échappait des lèvres de la jolie brune. Déjà, elle se sentait plus légère. Ce fut au tour du jeune homme de rire, et le cœur d’Ashlynn se gonfla de bonheur. Elle serait prête à bon nombre de sacrifices pour entendre ce rire jusqu’à la fin de sa vie. Un sourire nostalgique se dessina sur le visage de jeune Atwood. Une expérience. Ca faisait longtemps qu’ils n’avaient pas eu d’expérience et la sensation des mains brulantes de Roman sur son corps, cette sensation de se sentir complète lui manquait, plus qu’elle ne pourrait l’imaginer. Elle se mordilla la lèvre, d’une façon sensuelle, comme elle savait si bien le faire. « C’est pas une mauvaise idée en effet. On devrait y aller tout de suite. » souffla-t-elle à quelques centimètres de sa bouche avant de se décaler. « Malheureusement t’es blessé. Tu dois vraiment t’en vouloir maintenant. » répliqua-t-elle, sur d’elle. Ashlynn avait un caractère de cochon. Si elle voulait faire payer à Roman de s’être blessé, elle serait prête à tout et il le savait. Il devait déjà commencé à se préparer. Il allait souffrir. Malgré tout et comme elle était paradoxale, elle ne pouvait s’empêcher de le toucher, de laisser glisser sa main sur son cœur et de laisser le silence exprimer tout ce qu’elle ressentait.

    Dire qu’il y a à peine quelques mois, Ashlynn était toujours celle qui allait au devant des problèmes. Elle les prenait à bras le corps et les affrontait toujours. Aujourd’hui, elle avait trouvait une nouvelle parade : la fuite. Elle s’était découverte excellente à ce nouveau jeu et c’était souvent aux dépends de Roman. Elle ne supportait juste pas de le faire souffrir, plus qu’elle ne l’avait déjà fait. Alors à chaque fois que la mort de leur bébé revenait sur le sujet, elle fuyait. Comme maintenant. Un rapide baiser et la voilà déjà parti, à la recherche de ce qui pourrait faire taire cette culpabilité qui la rongeait sans cesse.

    Dans leur chambre, elle attrapa rapidement un pull pour cacher ses nouvelles formes, mais surtout pour cacher son ventre qui n’avait pas su protéger leur fille. Une nouvelle névrose s’était installé chez elle et elle comptait bien la garder longtemps pour elle. Elle sursauta légèrement en voyant Roman dans l’embrasement de la porte. Un rire cristallin s’échappa de ses lèvres et sans qu’il ne s’en rende compte, il lui redonna doucement confiance en elle. Elle n’était peut être pas encore prête pour se dévoiler entièrement, mais avec ses simples mots, il lui donnait l’impression qu’elle pouvait à nouveau être femme si elle le souhaitait. Les joues légèrement rosies, elle tenta d’effacer sa gêne avec une remarque futile, remplie de légèreté. « Tout me va mieux qu’à toi, doudou. C’est le privilège d’être une fille. » Elle lui fit un clin d’œil, mais cette apparence de légèreté disparut soudainement à la mention des cicatrices. Son regard s’assombrit et son sourire s’éteint. « Qu’est ce qui se passera si on arrive pas à affronter celle-là ? »demanda-t-elle vulnérable. Elle n’envisageait pas sa vie sans Roman, pourtant s’ils n’arrivaient pas à surmonter cette épreuve, ce serait une solution à envisager. Pour son bien être à lui. Une nouvelle larme coula le long de sa joue. Elle était fatiguée de se sentir aussi fragile et de ne plus avoir le contrôle sur ses émotions. Elle voulait retrouver la maitrise d’elle-même. Roman ne l’aidait pas. Un rien ne la faisait fondre. Peut être était-ce tout ce dont elle avait besoin de savoir. Qu’il ne la quitterait pas était peut être suffisant pour qu’elle redevienne maitresse de sa vie. Un sourire triste se dessina sur ses lèvres alors que rapidemment, elle s’approcha de lui et se moula contre son corps. Elle se mit sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur sa joue avant de murmurer trois petits mots qu’elle n’avait plus eu le courage de dire depuis longtemps. « Je t’aime. » C’était aussi simple que ça. Tout irait bien désormais. Elle l’aimait et il l’aimait. Ils avaient peut être perdu leur fille, mais ils n’avaient pas tout perdu. Ca leur prendrait du temps, mais ils finiraient par se retrouver et alors ils pourraient former une nouvelle famille. Elle posa sa tête dans le creu de son cou et se surpris à sourire, bien malgré elle. Oui tout irait pour le mieux. Tant qu’ils s’avaient l’un l’autre. Elle releva la tête vers lui. « Je peux t’acheter avec n’importe quoi. » répliqua-t-elle, taquine. Il faisait d’effort, c’était à son tour d’en faire. « Y a une soirée au Sun demain soir. On pourrait peut être y faire un tour. » suggéra-t-elle, peu sur d’elle. C’était un début. Elle connaissait cet endroit par cœur et elle s’y sentait en sécurité. Elle avait besoin de ça. Retrouver ses repères.

    Ashlynn avait cessé de faire des projets. Le bébé avait été le plus grand projet de sa vie. A la perte de leur fille, elle n’avait plus eu le courage d’en faire. Peut être que le mariage était ce qui lui permettrait de penser à son avenir, d’abord dans l’immédiat et puis dans un futur plus lointain. Elle ne sait pas trop où elle sera dans 10 ans, tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle sera aux côtés de Roman. Tout comme elle ne visualise pas leur mariage si ce n’est elle remontant l’allée pour arriver aux côtés de l’homme de sa vie. Elle remit une de ses mèches de cheveux en place, un sourire dessinée sur le visage. « Si on kidnappait un prêtre et qu’on se mariait maintenant. On pourrait très vite passer à la phase lune de miel, dans un endroit paradisiaque, où on serait même pas obligé de porter des vêtements. » suggéra-t-elle, badine. Ils n’avaient pas besoin d’un grand mariage. C’est pas comme s’ils avaient beaucoup de famille. Ashlynn n’inviterait que son frère. Roman invitera surement July, son parrain et son frère. Sachant que la plupart ne viendrait pas, ils pouvaient tout aussi bien s’épargner la phase de préparation et se marier dès aujourd’hui. Un nouvel éclat de rire se fit entendre. A ce rythme, elle allait avoir mal aux zygomatiques. Mais bon dieu, ce que ça lui faisait du bien de rire de la sorte, de rire à cause de lui, de rire avec lui. Elle ignore si elle en a le droit. Si c'est permis, de sourire, de rire de cette manière, après le drame qui les a traversé, mais pour le moment elle s’en moque. Elle veut juste profiter de son fiancé et de l’insouciance que son âge lui apporte encore. « J’ai de l’énergie à revendre, tu sais. Il t’en faudra beaucoup pour me fatiguer. » répliqua-t-elle alors que déjà il emprisonnait ses lèvres dans les siennes. Enfermés dans leur bulle, le ciel aurait pu leur tomber sur la tête qu’ils ne s’en seraient pas rendu compte. Ils avaient perdu leur chemin et après de longs mois se retrouvaient enfin. Elle s’accrochait à lui, comme à sa dernière once de vie. Leur besoin de contact n’était jamais rassasié. Elle avait toujours besoin de lui, envie de plus. Elle se met sur la pointe des pieds et d’une main caressant sa nuque, elle augmente l’impact de leurs lèvres. Leurs langues dansent l’une avec l’autre, alors que la réalité reprend doucement place autour d’eux. Elle se détache de lui et après un rapide regard enfiévré quitte la chambre, un peu plus heureuse qu’auparavant.

    Elle est encore sur son petit nuage quand elle ouvre la porte. Ses lèvres ont encore l’empreinte brulante de celles de Roman et dans ce moment d’insouciance, elle ne se rend même pas compte qu’elle est seulement vêtu d’un pull. « Ashlynn, comment vas-tu ? » Question banale, qui l’aurait blessé il y a encore de cela quelques minutes, mais pas aujourd’hui, plus maintenant alors qu’elle se sent habité d’une toute nouvelle force.

    « C’est pas moi le blessé, aujourd’hui. » rigole-t-elle alors qu’elle sent la présence de Roman derrière elle. Elle se retourne et lui sourit, de ce sourire sincère qu’elle n’avait plus eu depuis deux longs mois. Ce baiser n’a pas effacé toutes ses peines. Il lui a juste montré qu’elle pouvait encore être aimée et c’est tout ce dont elle avait besoin de savoir. Que malgré la perte de la moitié d’eux même, il pouvait encore l’aimer.

    « Alors Mr Blackhawk montrez moi votre blessure. »

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Roman Blackhawk


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MessageSujet: Re: « Do you wanna play with me ? Become my personal nurse. » ▬ Ashouille Jeu 10 Déc - 2:30



    Comment on tombe amoureux d’une fille après avoir grandit à son coté pendant des années ? Qu’est ce qui faisait la différence entre l’adolescent qu’on avait pu être et l’homme qu’on devenait ? Pourquoi la vie choisissait ce moment précis pour abattre la foudre sur deux personnes qui ne se supportait pas mais qui finalement les réunissait ? Entre Ashlynn et Roman, tous les séparaient. Deux mondes en totale opposition. Deux personnalités incompatibles. Et pourtant, Roman contrôlait difficilement cette inquiétude depuis qu’ils étaient ensemble. Tout avait commencé par cette panne. Quand il l’avait vu, puis reconnu, il avait marqué une hésitation. Le passé était ce qu’il était mais Roman ne pouvait pas la laisser sur le bord de la route. Question de conscience. Contre toute attente, tout s’était enchainé si naturellement entre eux, qu’il n’avait guère eu le temps de réfléchir à la tournure que prenait leur relation.

    Aujourd’hui ils étaient fiancés et si, il était sensé paniquer, auprès d’elle il était emplit d’une sérénité inimaginable. Leur couple connaissait de nombreuses tempêtes mais jamais aucune d’elle, ne les avait mener à penser qu’un jour viendrait où ils seraient mieux séparé. A vrai dire, Roman n’envisageait pas son quotidien en l’absence de la brune. Car il dépendait d’elle. Chaque matin, il passait une heure à l’observer. Endormie, glissée tout contre lui, il savourait ce plaisir de connaître l’amour. Elle avait cette façon de s’accrocher à lui. Quelque chose d’indélébile. Elle avait marqué son cœur de son empreinte. Une empreinte qu’il se ferait un plaisir de ne jamais effacer. Son âme était lié à la sienne d’une manière agréable, qu’il n’éprouvait qu’une seule crainte : qu’un jour il soit amputé d’une partie de cette âme. Roman faisait partie de cette catégorie qui usait de leurs problèmes pour en tirer le meilleur. C’était un battant. Il tentait toujours de s’en sortir par tous les moyens possible. Comme dans leur situation. Il était convaincu que ça se produirait et que seul la patience et le dialogue viendrait à les faire surpasser cette épreuve. Seulement au milieu de la salle de bain – en sang – il prenait lentement conscience du mal qu’il lui infligeait. Leurs différences ne les empêchaient pas de s’aimer. Ils étaient si opposés que personnes ne donnait cher de leur couple. Pourtant, il durait. Pour Roman, c’était même sa relation la plus longue et sérieuse. Et il l’avait demandé en mariage. Lui qui était si terre à terre, qui avait tant de mal avec tout ce qui se rapprochait de près ou de loin à des sentiments, il avait finalement reconnu qu’elle était ce qui le faisait vivre. Qui lui donnait envie de se lever tous les jours. Seulement le défaut de Roman était parfois cette jalousie, qu’il dissimulait sous un renfrognement et quelques grimaces peu avenantes. Il évitait la violence mais il avait vu des types loucher sur le corps d’Ashlynn, à plus d’une reprise. Il devait reconnaitre que plus d’une fois, il avait été tenté de bien leur faire comprendre qu’elle n’était ni libre, ni qu’elle devait être considéré comme un objet qui comblerait leur attentes. Elle était à lui. Et à personne d’autre. Chose qu’il tenait à ce que tout le monde sache. Sa remarque le fit esquisser un petite moue, puis il baissa son regard dans le sien avant de faire glisser ses doigts sur sa robe, et l’attirer près de lui. « Leurs lits ne m’intéresse pas. Dans le canapé ? D’accord. » concéda-t-il avec un petit sourire. « Mais n’envisage pas de dormir dans notre lit ! » Il pouvait comprendre qu’elle éprouvait des difficultés à gérer cette jalousie. La tension qu’il avait déjà surprit avec July l’avait amenés à se poser bien des questions. Seulement, il songeait qu’un jour, elle viendrait lui en parler lorsqu’elle serait prête. Roman ne cessait alors de la rassurer par tous les moyens, lui assurant qu’il n’y avait aucune raison qu’il s’intéresse à une autre qu’elle. Passer des sujets difficile à quelque chose de plus léger, Roman prenait toujours de s’assurer qu’elle retrouvait la paix.

    Ashlynn était loin d’être sereine depuis deux mois. Leurs conversations s’étaient retrouvé limité. Pour trouver une solution, Roman devait faire des efforts. Lui prouver par sa présence que rien n’avait changer qu’il comptait faire sa vie avec elle. Mais surtout qu’ils étaient assez forts pour dépasser le drame survenu. L’espace de quelques seconde, ce sourire traversa son visage. C’était de bonne augure. Sa réplique ne se fit pas attendre, ses lèvres s’incurvant dans un sourire taquin : « Mr Blackhawk s’efforcera de combler chacune de vos attentes. Mêmes les moins inavouables ! » Ce ping pong verbal, Roman réalisait que ça faisait bien longtemps qu’il n’y en avait pas eu. Un rire s’échappa alors de ses lèvres à cette pensée. A quand remontait exactement la dernière fois qu’ils avaient partagé un moment tel que celui-ci ? avant l’accouchement. Avant qu’ils perdent leur fille. L’époque où Ash’ souriait d’un bonheur littéral. Le temps devait les aider. Un sourire sur son visage la transformait littéralement. Il en oubliait leur souffrances, tant qu’elle garderait ce sourire peint sur ses traits si harmonieux.

    Leurs vies étaient semé d’embuches. Chacun de leur cotés, ils possédaient un passif familial assez lourd. Roman par ses maltraitances et elle par la mort prématurée de sa mère puis l’éducation reçue par son père. Il ne l’avait jamais aimé comme un père se doit d’apporter de l’amour à son enfant. Roman avait pu constater la froideur du patriarche Lancaster lorsqu’il l’avait rencontré. A l’époque, il s’était mille fois demandé comment elle pouvait être si pleine de vie et si chaleureuse. Avait elle hérité de quelque chose de son père ? surement son entêtement mais c’était loin d’être le pire défaut qu’elle aurait pu tenir de lui. Sa remarque le désarçonna sur le coup. Leurs parents avaient fait des dégâts chez eux. C’était une simple constatation. Ils pouvaient toutefois se féliciter tous les deux pour être devenus deux personnes qui ne cherchaient pas la satisfaction personnelle. Non Roman voulait aider les autres. Quand à Ash’, elle avait abandonné son rêve de danseuse pour danser au Sun. Ça n’était pas glorieux mais Roman s’était promit un jour de l’aider à réaliser d’autres rêves. Avoir des enfants à qui elle transmettrait son gout pour la danse et pourquoi pas embrasser un carrière dans la danse mais sous une autre forme que danseuse. Ne pouvait elle pas devenir chorégraphe ou prof pour des enfants. En vérité, il était persuadé qu’elle excellerait. Elle serait dans son élément et aux contacts de personnes qui voudrait réussir. Seulement, Ash’ n’était pas de ses personnes facile à convaincre. La cicatrice de la perte du bébé était encore trop fraîche pour qu’il puisse lui faire cette suggestion. « Regarde où on en est. Nos parents ont commit bourdes sur bourdes… nos vies ne seront jamais parfaites. Néanmoins, nos souffrances sont ces choses qui nous rendent plus résistant. Ton père n’a pas à te mettre la pression. C’est pas son rôle. T’es pas son employé mais sa fille. Il est trop aveuglé par sa soif de pouvoir pour se rendre vraiment compte de qui tu es. » Il n’avait pas l’intention de défendre son futur beau père. L’argent ne faisait pas le bonheur. L’amour de la famille était une chose qui n’avait pas de prix. C’était une chose qu’il comptait lui prouver chaque jour, dès qu’ils fonderaient leur famille. A vrai dire, Roman avait même songé que partir de Madison seraient une bonne chose pour eux. Lui comme elle, y avait des attaches. Roman scrutait encore les rues à la recherche de son frère, tout comme Ash’ attendait le retour de son guerrier de frère. Chacun de leur cotés, ils étaient deux familles détruites mais qui ne pouvait s’empêcher d’espérer qu’un bon changement se produirait.

    Roman ne s’y prenait pas toujours de la façon la plus exemplaire qui soit. Rassurer la jeune Lancaster était venu naturellement. Comme lui, elle devait parfois être prises de doutes monstrueux qui ne se taisaient jamais. C’était la vie. On ne pouvait jamais être totalement sur de l’autre, quand bien même la confiance est primordiale. Aimer, c’est souffrir. Sans souffrance, l’amour n’est pas aussi viscéral qu’on peut l’imaginer. Ses remarques la faisaient sourire et il sut qu’il se rapprochait lentement de son but. C’était si bon de la revoir sourire. Même un timide sourire aurait suffit à lui soulever le cœur de bonheur. C’était un mélange de joie, de soulagement et de bien être qui venait l’habiter. Comme si tout à coup, rien d’autre n’existait. Tant qu’elle sourirait à ses bêtises, ils se sentiraient heureux. Tant qu’ils seraient ensemble, les problèmes seraient surmontés. Esquissant une petite moue comique, il pencha la tête sur le coté. « Heureusement pour moi, tu es la femme la plus loyale qui existe. Donc je n’ai aucune raison de me faire du souci. Et même si tu ne me le dis pas, je sais que tu m’aimes. » exposa-t-il en laissant apparaitre ce sourire sur ses traits. Oh il ne jubilait pas. Il prenait juste conscience que quoi qu’il décide ou fasse, il lui appartenait. Il irait sur la lune, juste pour l’un de ses sourires exquis ou pour un éclat de rire. Et pour un baiser. Ça serait une autre planète.

    Un jour, il aurait à choisir entre sa carrière et elle. Pas au sens de tout laisser tomber. Faire les bons choix à des périodes précises. Sa carrière serait toujours là dans dix ans. Elle, le serait elle ? Prendre des risques pourrait mener à un éloignement. Ce qui ne devait pas arriver. Elle était sa priorité et le réaliser lui mit un coup au cœur. Comment avait il pu, pendant deux mois, s’escrimer à songer que le travail lui apporterait le repos. Elle avait les réponses à chacune de ses interrogations. Parler du drame aiderait peut être mais pas forcément. Roman était en train de prendre sa décision. Non, elle s’imposait à lui. Et il ne faisait que suivre ce qui se déroulait. « Je compte bien y parvenir. Et même faire plus que ça. Si tu croyais que j’allais me limiter à te rendre le sourire, tu te trompes. J’ai des projets pour toi, pour nous. » Malgré les drames, la vie continuait. C’était dur au début, surtout encaisser le choc. S’apercevoir que le rêve avait disparut. Que la promesse qu’on s’était faite n’était qu’un mirage. Mais on se relevait. Ash’ se relèverait. Il la soutiendrait tout le temps qu’elle aurait besoin de lui pour ça. Il ne la laisserait pas s’effondrer dans un tunnel sombre. Il la tirerait vers la lumière s’il le fallait. Comme si la vie ne les avait pas assez éprouvé, la perte du bébé représentait leur premier drame en tant que couple. Roman avait de l’énergie pour deux. Ensemble, ils viendraient à bout de ses démons. Quand ce rire s’échappa des lèvres de la brune. Un rire si naturel et spontané, il sut que ça prenait la bonne voie. Ils avaient cessé de se parler pendant trop longtemps. Quand bien même il était blessé, la distance entre eux se rétrécissait. Ils étaient lentement en train d’accepter le passé pour se tourner vers un futur ensemble. Cet espoir confiné dans la salle de bain l’envahissait avec une énergie nouvelle. Ainsi, accompagné de son rire, elle lui fit part qu’une expérience ne serait pas négligeable du tout. Comment pourrait il résister à l’appel de son corps, au désir qu’elle seule savait faire naître chez lui. C’était juste insoutenable par moments. Il lui suffisait de l’observer pour que ce désir jaillissent sans qu’il le prémédite. Ses remarques le fit rire jaune. Dire qu’il ne pouvait rien faire était un euphémisme. Il plaqua un sourire espiègle sur son visage et la maintint contre lui quelques secondes supplémentaire. « Puisque je n’ai pas les capacité de satisfaire tous tes désirs… je vais m’acquittez des quelques taches dont je suis en pleine capacités ! » répliqua-t-il avec un clin d’œil, en faisant glisser ses lèvres sur son visage. C’était sa façon de lui faire regretter de s’être blessé et de lui avoir caché. Elle finirait par lui pardonner. C’était une façon de lui faire comprendre son mécontentement. Elle reviendrait vers lui et il accourait, parce qu’il ne sait pas être d’une autre façon avec elle. Parce qu’il l’aime et que ça dépasse l’entendement. Se sacrifier ne représentait plus un problème pour lui. Ça lui semblait naturel. Quand on frolait la mort, on remettait en cause nos priorités. Quand on perdait un enfant, c’était pareil. Si la vie d’Ash aurait été en jeu. S’il avait du sauvé Ash ou le bébé, il l’aurait choisi elle. Des enfants, il pourrait toujours en avoir. Une Ashlynn Lancaster, il n’en existait qu’une seule. Il lui appartenait. Et la perdre serait la pire épreuve que la vie pourrait lui faire subir.

    Seul dans la salle de bain, il n’y resta guère plus de quelques minutes. Sans la chercher, il la retrouva dans leur chambre. Le léger sursaut de sa présence le fit adorablement sourire. Ainsi, elle ne s’était pas attendu à le voir ? La robe reposait sur la lit tandis qu’elle portait son pull, trop grand, déformé et fatigué d’être porté et lavé. Seulement, il savait pourquoi elle le portait. Parce qu’il portait encore son odeur ? Parce qu’il était confortable ? Non parce qu’il possédait encore un peu de lui et que ça la rassurait. Ça pouvait sembler stupide de ce point de vue mais Ash’ était vulnérable lorsqu’il s’agissait de lui ou de leur histoire. Roman possédait ce pouvoir suprême de pouvoir encore la faire rougir. Il adorait ça. C’était si craquant. Elle lui dévoilait une facette de vulnérabilité. Et ses sourires le touchaient en plein cœur comme une flèche de Cupidon. Dire qu’il était amoureux d’elle, n’était qu’une faible image. Il était dépendant d’elle, l’avoir dans ses bras était un besoin quotidien, l’embrasser lui devenait vital. « Je sais que je suis pas au top de ma forme, mais quand même ! » déclara-t-il faussement vexé. Son but avait été de l’amener lentement vers le sujet mais il sentait déjà qu’elle dressait à nouveau des remparts autour d’elle. Son regard était déjà plus terne et son sourire s’était envolé à la mention de cicatrice. Sa question n’aurait pas du le faire douter. Pas en ce qui concernait leur couple. Il doutait uniquement de prendre les bonnes ou mauvaises décisions. S’approchant d’elle, il plongea son regard dans le sien. Ash’ devait savoir qu’il serait là quoi qu’il arrive. Qu’il ne s’envolerait pas et disparaitrait au premier petit problème. Son silence se fit ressentir et il essuya cette larme qui roulait sur sa joue. « J’ai pas été assez présent. On avait besoin d’accepter la situation… sauf que j’aurais du t’imposer ma présence. Que tu saches que je resterais peu importe les évènements. J’ai eu le temps de réfléchir… finit les urgences en pleine nuit, les soirs où je rentre tard, où je planche sur des dossiers. On va se soigner mutuellement. Et tu verras qu’on s’en sortira plus fort… et que tu vas m’épouser ! » termina-t-il sa tirade avec ce sourire à faire fondre. C’était le moment d’être fort pour elle. Qu’elle se repose entièrement sur lui, si elle en éprouvait le besoin. Il trouverait les mots en temps utile pour l’aider à se déculpabiliser. Car ça jouait un rôle important dans leur problème. Elle se sentait bien trop responsable de la mort de leur bébé. Venant l’embrasser sur la joue puis se nicher dans ses bras, il ferma les yeux à la sensation que lui procurait cette étreinte. Sa tendresse était intense qu’il en aurait crié de joie. Mais ce qui l’acheva, ce fut ces trois mots qui sortirent de sa bouche pour la première fois depuis deux mois. Il avait beau savoir qu’elle l’aimait, l’entendre le bouleversait. Tout irait bien. Elle l’aimait. Elle l’aimait toujours. Il dut refouler les larmes qui venait créer une boule d’émotions dans sa gorge et qui affluait derrière ses paupières. Roman caressa alors tendrement son dos tout en murmurant. « Répète le. » Il avait un besoin compulsif de s’assurer qu’il n’avait pas rêvé. Ces dernières semaines, il n’avait commenté aucun de ses silences lorsque lui, lui disait qu’il l’aimait. Il avait juste prit sur lui et c’était convaincu que ça n’était qu’une question de temps. L’entendre le surprenait juste. Et ce sourire revint comme par enchantement. Pouvait il être dans un rêve ? L’acheter avec n’importe quoi ? il leva les yeux au ciel. Certes elle pouvait faire ce qu’elle voulait de lui. Mais au point de l’acheter ?! Non mais ! Roman avait une image en tête à cette seconde. Celle d’une soirée qu’ils avaient passé, enlacés et qu’ils se faisaient manger mutuellement. C’était une époque à laquelle il voulait revenir. Il accueillit alors sa proposition avec un sourire. « Sure ? » demanda-t-il avec inquiétude. Il ne voulait pas qu’elle se sente mal entourée par la foule. « demain je dois parler au Chef. Je vais prendre quelque jours de congés. On pourrait même partir quelques jours… ou je pourrais te clouer dans mon lit ! » dévia-t-il avec malice. Roman avait des projets et les mettrait en action. Ash’ devait savoir qu’il n’abandonnerait pas la partie. « Tu te sens d’y aller toute seule ? ou tu veux qu’on y aille ensemble ? » demanda-t-il en faisant glisser son index sur le bout de son nez, puis son regard remonta à yeux de la brune.

    Le mariage était leur projet du moment. Roman n’avait pas encore vraiment réfléchi au mariage qu’il souhaitait. Seulement, c’était surement le projet qui aurait le pouvoir de les rapprocher. Leur couple traversait une crise difficile. Paradoxalement, leurs sentiments n’en était pas moins intense. Roman hésitait parfois parce qu’il avait cette impression de lui mettre la pression. Sa remarque ne put s’empêcher de le faire rire. Enlever un prêtre. L’idée n’était pas mauvaise. Seulement ça ferait pas très sérieux à son casier ! « J’opte pour éviter un enlèvement. Ça ferait pas sérieux du tout. Tu veux te marier tout de suite . » s’étonna-t-il. « Je pensais que tu voudrais que ton frère soit revenu. » Il nota sa requête pour l’endroit paradisiaque et sans vêtement. Il ne cacha pas son sourire espiègle. « J’ai une idée. Je m’occupe de la lune de miel. T’auras qu’à te laisser conduire. Je m’occupe de tout. » A ses yeux le mariage n’était qu’une formalité. Ils vivaient ensemble depuis assez longtemps pour savoir qu’ils étaient compatible et prêt à ça. Ils auraient même du être une famille. Alors être un couple ne serait pas si difficile. A ses propos, il avait l’impression de passer pour le plus faible des deux. Il leva les yeux au ciel. « T’as oublié que je suis insatiable lorsque tu es concernée ? En tant que fiancé, je suis capable de multiplié les prouesses chérie. » chuchota-t-il contres ses lèvres. Il n’en pouvait plus de cette attente. Son corps blottit contre le sien, elle l’éprouvait mais il aimait ça. Elle était le feu et la glace. Ses lèvres exigeantes lui demandait toujours plus. Elle le suppliait de l’aimer. La sensation qui le traversait le rendait plus fort, plus complet et plus dépendant d’elle. Il ne pourrait un jour aimer une femme comme il l’aime elle. Elle est son tout, sa raison de vivre, celle qui fait battre son cœur. Sa main retomba le long de son corps pour se glisser sous le pull quand la sonnerie retentit. Grognant contre ses lèvres, il se sentit amputé lorsqu’elle se détacha de lui. Ce sourire exquis embellissait ses traits. A cette seconde, son Ashlynn était de retour. Il pouvait la voir sourire, l’entendre rire, la peine avait laissé place à beaucoup de légèreté. Pour ça, il aurait donné son âme. C’était la plus belle chose qu’il avait pu voir depuis deux mois. Une chose que Roman n’était pas près d’oublier. Une image avec laquelle, il prendrait soin de s’endormir tous les soirs, en la serrant contre lui.

    En quelques secondes, il l’avait rejoint. Elle n’était qu’à quelques mètres mais elle débordait de vie, de douceur et d’un bonheur sans nom. A cette seconde, elle était juste magnifique et Roman était obnubilé par elle tandis qu’elle s’adressait au médecin. C’est vrai, il était là pour lui. Le recoudre et après il s’occuperait de sa fiancé. Car il ne comptait pas en rester là avec elle. Echangeant un regard complice, il rit doucement alors que le médecins s’approchait de lui.

    « une mauvais placage… mes points ont pas vraiment aimé le choc. » [/color]expliqua-t-il vaguement.
    [color:1eb4= mediumaquamarine] « - Sacrée entaille. Vous devriez être plus prudent, Roman. »
    « - Je sais je sais… ça va changer. » marmonna-t-il en jetant un coup par-dessus le canapé où il venait de s’installer pour que le médecin désinfecte puis se mette à le recoudre. Il put alors observer la jeune femme qui s’était réfugier dans la cuisine.
    [color:1eb4= mediumaquamarine] « - Vous comptez quitter notre chère Police ? »
    « - Euh non. Disons que je révise mes priorités. Y’a pas que le boulot dans la vie. » haussa-t-il les épaules pour croiser les yeux du médecin.
    « - Vous avez bien raison. Vous avez besoin l’un de l’autre. »

    Roman ne commenta pas cette remarque. Il avait bien comprit l’allusion. Le médecin était méticuleux et professionnel. D’ici quelques jours, sa blessure ne serait qu’un mauvais souvenir. Roman pourrait alors se consacrer à Ashlynn. A tel point, qu’elle risquerait de vouloir le jeter dehors et qu’il retourne au poste. Cette pensée le fit sourire puis il aperçut le médecin couper le dernier fil. Il se redressa alors que le praticien lui tendait une ordonnance.

    « - les fils tomberont tout seul. Des anti douleur, si tu as trop mal. Mais n’en abuse pas, d’accord ?! »
    « - merci Doc. » hocha-t-il la tête en se levant cette fois ci et serrant la main de son médecin. Il se tourna alors vers Ashlynn qui contemplait un verre qu’elle était en train d’essuyer. A quoi pouvait elle bien rêver. Le médecin ne s’attarda pas et repartit aussi vite qu’il était venu. La porte à peine refermé, il vint s’appuyé contre le plan de travail de la cuisine, sans la lâcher des yeux. « On rêvasse, mon chou. »





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    Where we take this road
    Someone's gotta go
    And I want you to know
    You couldn't have loved me better

    © LJ • K. CLARKSON • ANAT

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